ACTE IV, SCENE VII
DON CÉSAR
J'ai dit que oui, mon maître 1 Que je l'attendais !
DON SALLUSTE, à part.
Tout n'est pas perdu peut-être 1
Enfin , votre tueur, votre grand capitan , Qui m'a dit sur le pré s'appeler — Guritan , Mouvement de don Salluste.
Qui ce matin n'a pas voulu voir, l'homme sage , Un laquais de César lui portant un message. Et qui venait céans m'en demander raison.
DON SALLUSTE
Eh bien! qu'en as-tu fait?
DON CÉSAR
J'ai tué cet oison.
DON SALLUSTE
Vrai^^
DON CÉSAR
Vrai. Là, sous le mur, à cette heure il expire.
DON SALLUSTE
Es-tu sûr qu'il soit mort?
DON CÉSAR
J'en ai peur.
DON SALLUSTE, à part.
Je respire 1 Allons! bonté du ciel ! il n'a rien dérangé! Au contraire. Pourtant, donnons-lui son congé. Débarrassons-nous-en! quel rude auxiliaire! Pour l'argent, ce n'est rien.
Haut.
L'histoire est singulière. Et vous n'avez pas vu d'autres personnes?
DON CÉSAR
Non.
Mais j'en verrai. Je veux continuer. Mon nom , .le compte en faire éclat tout à travers la ville. Je vais faire un scandale affreux. Soyez tranquille.
DON SALLUSTE
A part.
Diable !
Vivement et se rapprochant de don César. Garde l'argent, mais quitte la maison!
DON CÉSAR
Oui? Vous me feriez suivre! on sait votre façon. Puis je retournerais , aimable destinée , Contempler ton azur, ô Méditerranée!
Point.
DON SALLUTE.
Crois-moi .
DON CÉSAR
Non. D'ailleurs, dans ce palais-prison Je sens quelqu'un en proie à votre trahison. Toute intrigue de cour est une échelle double. Dun côté, bras lié, morne et le regard trouble, Monte le patient ; de l'autre, le bourreau. — Or, vous êtes bourreau — nécessairement.
DON SALLUSTE
Oh!
Moi , je tire l'échelle , et patatras.
DON SALLUSTE
Je jure...,
DON CÉSAR
.Te veux, pour tout gâter, rester dans Taventurp. Je vous sais assez fort, cousin, assez subtil