‹ Théâtre de Victor Hugo. 3e sérieChapitre 14 sur 208 · M.\DA3IE ALOISE · texte numérisé non relu

M.\DA3IE ALOISE

Phœbus, mon futur gendre, écoutez, je vous aime, Soyez maître céans comme un autre moi-même; Ayez soin que ce soir chacun s'égaie ici.

Et vous, ma fille, allons, tenez-vous prêle. Vous serez la plus belle encor dans cette fête, Soyez la plus joyeuse aussi !

Elle va au fond du thédlre et donne des ordres aux valets qui disposent la fête.

FLEUR-DE-LYS, à PhœbuS.

Monsieur, depuis l'autre semaine On vous a vu deux fois à peine.

Cette fête enfin vous ramène.

Enfin ! c'est bien heureux vraiment !

20 LA ESMERALDA

PIIOEBUS.

Ne grondez pas, je vous supplie !

FLELR-DE-LYS.

Ah! je le vois, Phœbus m'oublie I

PHGEBUS.

Je vous jure...

FLEUR-DE-LYS

Pas de serment!

On ne jure que lorsqu'on ment!

PHGEBUS.

Vous oublier ! quelle folie !

N'êtes-vous pas la plus jolie?

Ne suis-je pas le mieux aimant?

PHŒBUS, à part.

Comme ma belle fiancée

Gronde aujourd'hui î Le soupçon est dans sa pensée.

Ah ! quel ennui !

Belles , les amants qu'on rudoie

S'en vont ailleurs.

On en prend plus avec la joie

Qu'avec les pleurs. \ |

FLEUR-DE-LYS , à part.

Me trahir , moi sa fiancée ,

Qui suis à lui !

Moi , qui n'ai que lui pour pensée

Et pour ennui !

Ah! qu'il s'absente ou qu'il me voie

Que de douleurs!

Présent, il dédaigne ma joie;

Absent, mes pleurs!

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