‹ Théâtre de Victor Hugo. 3e sérieChapitre 193 sur 208 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

JOB, GUANHUMARA

GUANHL'MARA, VoUée.

Qu'as-tu fait de ton frère?

JOB, avec terreur.

Qu est-ce que cette femme?

GUANHUMARA

Une esclave là-haut, Mais une reine ici. Comte, à chacun son lot. Tu sais, ce burg est double, et ses tours colossales Ont plus d'une caverne au-dessous de leurs salles. Tout ce que le soleil éclaire est sous ta loi ; Tout ce que remplit l'ombre, ô burgrave, est à moi!

Elle marche lentement à lui.

Je te tiens, tu ne peux m'échapper.

JOB

Qu'es-tu, femme?

GUANHUMARA

Je vais te raconter une action infâme.

C'était... — voilàlong-temps' beaucoupdepuissontmorts.

Ceux qui comptent cent ans avaient trente ans alors.

Elle montre un coin du caveau.

Deux amants étaient là. Regarde cette chambre. C'était,' comme à présent, une nuit de septembre. Un froid rayon de lune, entrant au bouge obscur, Découpait un linceul sur la blancheur du mur...

Elle se retourne et lui montre le mur éclairé par la lune.

Comme là. — Tout à coup, l'épée à la main.

Page 1