‹ Théâtre de VoltaireChapitre 104 sur 339 · PRONONCE AU THEATRE FRANÇAIS PAR UN DES ACTEURS · texte numérisé non relu

PRONONCE AU THEATRE FRANÇAIS PAR UN DES ACTEURS

AWNT I.A PREMIÈRE REPRESENTATION DE LA TRAGEDIE d'oRESTK

(lS>. JANVIER iy5o).

Messieurs , l'auteur de la tragédie que nous allons avoir l'honneur de vous donner n'a point la vanité téméraire de vouloir lutter contre la pièce d' Electre, justement honorée de vos suffrages, encore moins contre son confrère qu'il a souvent appelé son maître 2, et qui ne lui a inspiré qu'une noble émulation , également éloignée du découragement et de l'envie; émulation compatible avec l'amitié , et telle que doivent la sentir les gens de lettres. Il a voulu seulement, messieurs, hasarder devant vous un tableau de l'antiquité; quand vous aurez jugé cette faible esquisse d'un monument des siècles passés, vous reviendrez aux peintures plus brillantes et plus composées des célèbres modernes.

Les Athéniens, qui inventèrent ce grand art que les Français seuls sur la terre cultivèrent heureusement , encouragèrent trois de leurs citoyens à travailler sur le même sujet. Vous, messieurs, en qui l'on voit aujourd'hui revivre ce peuple aussi célèbre par son esprit que par son courage, vous qui avez son goût, vous aurez son équité. L'auteur, qui vous présente une imitation de l'antique , est bien plus sûr de trouver en vous des Athéniens , qu'il ne se flatte d'avoir rendu Sophocle. Vous savez que la Grèce , dans tous ses monuments , dans tou,s les genres de poésie et d'éloquence, voulait que les beautés fussent simples : vous trouverez ici cette simplicité, et vous devinerez les beautés de l'original,

1 Ce discours a été imprimé pour la première fois en 1814 , par M. Deoroix , dans le volume intitulé : Commentaire sur le théâtre fie M. de Voltaire, par M. de La Harpe , in-8°. B.

'Crébillon. ?..

DlSCOliltS.

malgré les défauts de la copie; vous daignerez vous prêter surtout à quelques usages des anciens Grecs; ils sont dans les arts vos véritables ancêtres. La France, qui suit leurs traces, ne blâmera point leurs coutumes; vous devez songer que déjà votre goût, surtout dans Les ouvrages dramatiques, sert de modèle aux autres nations. Il suffira un jour, pour* être approuvé ailleurs, qu'on dise : Tel était le goût des Français ; c'est ainsi que pensait cette nation illustre. Nous vous demandons votre indulgence pour les mœurs de l'antiquité, au même titre que l'Europe, dans les siècles à venir, rendra justice à vos lumières.

Théâtre. V. « i

PERSONNAGES

sœurs d'Oreste.

ORESTE, fils de Clytemnestre et d'Agamemnon.

ELECTRE, i

IPHISE, 1

CLYTEMNESTRE , épouse d'Égisthe.

ÉGISTHE, tyran d'Argos.

PYLADE, ami d'Oreste.

PAMMÈNE , vieillard attaché à la famille d'Agamemnon.

DIMAS, officier des gardes.

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