‹ Théâtre de VoltaireChapitre 200 sur 339 · STATILIUS · texte numérisé non relu

STATILIUS

Les gardes sont séduits ; on peut tout entreprendre.

CATILI1VA.

Vous, au mont Aventin que tout soit mis en cendre.

Dès que de Mallius vous verrez les drapeaux,

De ce signal terrible allumez les flambeaux.

Aux maisons des proscrits que la mort soit portée.

La première victime à mes yeux présentée,

Vous l'avez tous juré, doit être Cicéron :

Immolez César même, oui, César et Caton.

Eux morts, le sénat tombe, et nous sert en silence.

Déjà notre fortune aveugle sa prudence;

Dans ces murs, sous son temple, à ses yeux, sous ses pas,

Nous disposons en paix l'appareil du trépas.

VCTE II, SCKNE VI. 333

Surtout avant le temps ne prenez point les armes. Que la mort des tyrans précède les alarmes ; Que Rome et Cicéron tombent du même fer 25; Que la foudre en grondant les frappe avec l'éclair. Vous avez dans vos mains le destin de la terre; Ce n'est point conspirer, c'est déclarer la guerre, C'est reprendre vos droits, et c'est vous ressaisir De l'univers dompté qu'on osait vous ravir.

(à Céthégus et à Lentulus-Sura.)

Vous, de ces grands desseins les auteurs magnanimes, Venez dans le sénat, venez voir vos victimes. De ce consul encor nous entendrons la voix; Croyez qu'il va parler pour la dernière fois. Et vous, dignes Romains, jurez par cette épée, Qui du sang des tyrans26 sera bientôt trempée, Jurez tous de périr ou de vaincre avec moi.

MA RTIAN.

Oui, nous le jurons tous par ce fer et par toi.

UN AUTRE CONJURÉ

Périsse le sénat!

MA'RTI AN.

Périsse l'infidèle Qui pourra différer de venger ta querelle! Si quelqu'un se repent, qu'il tombe sous nos coups!

CAT1LINA

Allez, et cette nuit Rome entière est à vous.

FIN OU SECOND \CTE

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