‹ Théâtre de VoltaireChapitre 259 sur 339 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

GENGIS, OCTAR, OSMAN, troupe de guerriers.

GENGIS

On a poussé trop loin le droit de ma conquête.

Que le glaive se cache , et que la mort s'arrête :

Je veux que les vaincus respirent désormais.

J'envoyai la terreur, et j'apporte la paix:

La mort du fils des rois suffit à ma vengeance.

Etouffons dans son sang la fatale semence

Des complots éternels et des rebellions ,

Qu'un fantôme de prince inspire aux nations.

Sa famille est éteinte : il vit; il doit la suivre.

Je n'en veux qu'à des rois; mes sujets doivent vivre.

Cessez de mutiler tous ces grands monuments , Ces prodiges des arts consacrés par les temps l8 ; Respectez-les, ils sont le prix de mon courage: Qu'on cesse de livrer aux flammes, au pillage, Ces archives de lois , ce vaste amas d'écrits , Tous ces fruits du génie, objets de vos mépris: Si l'erreur les dicta , cette erreur m'est utile ; Elle occupe ce peuple, et le rend plus docile r9.

Octar, je vous destine à porter mes drapeaux Aux lieux ou le soleil renaît du sein des eaux.

( à un de ses suivants. )

Vous, dans l'Inde soumise, humble dans sa défaite, Soyez de mes décrets le fidèle interprète,

43a l'orphelin de la chine.

Tandis qu'en Occident je fais voler mes fils Des murs de Samarcande aux bords du Tanaïs. Sortez: demeure, Octar.

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