‹ Théâtre de VoltaireChapitre 322 sur 339 · SCÈNE X · texte numérisé non relu

SCÈNE X

les précédents, XANTIPPE , SOPHRONIME ,

AGLAE, SOCRATE, enchaîné; VALETS DE VILLE.

XANTIPPE

Eh , miséricorde ! on traîne mon mari en prison : n'avez-vous pas honte, messieurs les juges, de traiter ainsi un homme de son âge? quel mal a-t-il pu faire? il en est incapable : hélas ! il est plus bête que méchant3. Messieurs, ayez pitié de lui. Je vous l'avais bien dit, mon mari, que vous vous attireriez quelque méchante affaire : voilà ce que c'est que de doter des filles. Que je suis malheureuse !

SOPHRONIME.

Ah ! messieurs , respectez sa vieillesse et sa vertu ; chargez-moi de fers : je suis prêt à donner ma liberté , ma vie pour la sienne.

AGLAÉ

Oui, nous irons en prison au lieu de lui; nous mourrons pour lui , s'il le faut. N'attentez rien sur le plus juste et le plus grand des hommes. Prenez-nous

pour vos victimes.

M EL i tu s.

Vous voyez comme il corrompt la jeunesse.

Cessez, ma femme, cessez, mes enfants, de vous

a On prétend que la servante de La Fontaine en disait autant de son mai- Ire; ce n'est pas la faute à M. Thomson si Xantippe l'a dit avant cette servante. M. Thomson a peint Xantippe telle qu'elle était ; il ne devait pas en faire une Cornélie. — Cette note a été ajoutée en 1761. Elle a été omise dans plusieurs éditions récentes. B.

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