‹ Théâtre de VoltaireChapitre 34 sur 339 · LE COMTE, LA BARONNE · texte numérisé non relu

LE COMTE, LA BARONNE

LA BARONNE

Ah ! je respire : enfin nous l'emportons ; Vous devenez un homme raisonnable.

Ah eà, voyez s'il n'est pas véritable Qu'on tient toujours de son premier état , Et que les gens dans un certain éclat , Ont un cœur noble, ainsi que leur personne? Le sang fait tout, et la naissance donne Des sentiments à Nanine inconnus.

Je n'en crois rien; mais soit, n'en parlons plus : Réparons tout. Le plus sage, en sa vie, A quelquefois ses accès de folie :

Chacun s'égare, et le moins imprudent Est celui-là qui plus tôt se repent.

LA BARONNE

Oui.

LE COMTE

Pour jamais cessez de parler d'elle.

LA BARONNE

Très volontiers.

66 WAJNINE.

LE COMTE

Ce sujet de querelle Doit s'oublier.

LA BARONNE

Mais vous, de vos serments Souvenez-vous.

LE COMTE

Fort bien. Je vous entends ; Je les tiendrai.

LA BARONNE

Ce n'est qu'un prompt hommage Qui peut ici réparer mon outrage.

Indignement notre hymen différé Est un affront.

Il sera réparé.

Madame, il faut...

LA BARONNE

Il ne faut qu'un notaire.

LE COMTE

Vous savez bien... que j'attendais ma mère.

LA BARONNE

Elle est ici.

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