‹ Théâtre de VoltaireChapitre 42 sur 339 · A.CTE III, SCÈNE II · texte numérisé non relu

A.CTE III, SCÈNE II

Ses pleurs coulaient à peine de ses yeux ; Elle voulait ne pas pleurer.

LE COMTE

A-t-elie Dit quelque mot qui marque, qui décèle Ses sentiments ? as-tu remarqué...

GERMON

Quoi ?

LE COMTE

A.-t-elle enfin , Germon , parié de moi ?

germon.

Oh! oui, beaucoup.

LE COMTE

Eh bien! dis-moi donc, traître, Qu'a-t-elle dit?

GERMON

Que vous êtes son maître; Que vous avez des vertus, des bontés... Qu'elle oubliera tout... hors vos cruautés.

LE COMTE

Va... mais surtout garde quelle revienne.

(Germon sort.)

Germon !

GERMON

Monsieur.

LE COMTE

Un mot; qu'il te souvienne, Si par hasard , quand tu la conduiras , Certain Hombert venait suivre ses pas , De le chasser de la belle manière.

GERMON

Oui, poliment, à grands coups d'étrivière :

68 BTÂNINE.

Comptez sur moi ; je sers fidèlement.

Le jeune Hombert, dites-vous?

LE COMTE

Justement,

GERMON

Bon ! je n'ai pas l'honneur de le connaître ; Mais le premier que je verrai paraître Sera rossé de la bonne façon; Et puis après il me dira son nom.

( Il fait, un pas et revient.)

Ce jeune Hombert est quelque amant, je gage. Un beau garçon , le coq de son village. Laissez-moi faire.

LE COMTE

Obéis promptement.

GERMOJN.

Je* -me doutais qu'elle avait quelque amant; Et Biaise aussi lui tient au cœur peut-être. On aime mieux son égal que son maître.

LE COMTE

Ah î cours, te dis-je.

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