A.CTE III, SCÈNE II
Ses pleurs coulaient à peine de ses yeux ; Elle voulait ne pas pleurer.
LE COMTE
A-t-elie Dit quelque mot qui marque, qui décèle Ses sentiments ? as-tu remarqué...
GERMON
Quoi ?
LE COMTE
A.-t-elle enfin , Germon , parié de moi ?
germon.
Oh! oui, beaucoup.
LE COMTE
Eh bien! dis-moi donc, traître, Qu'a-t-elle dit?
GERMON
Que vous êtes son maître; Que vous avez des vertus, des bontés... Qu'elle oubliera tout... hors vos cruautés.
LE COMTE
Va... mais surtout garde quelle revienne.
(Germon sort.)
Germon !
GERMON
Monsieur.
LE COMTE
Un mot; qu'il te souvienne, Si par hasard , quand tu la conduiras , Certain Hombert venait suivre ses pas , De le chasser de la belle manière.
GERMON
Oui, poliment, à grands coups d'étrivière :
68 BTÂNINE.
Comptez sur moi ; je sers fidèlement.
Le jeune Hombert, dites-vous?
LE COMTE
Justement,
GERMON
Bon ! je n'ai pas l'honneur de le connaître ; Mais le premier que je verrai paraître Sera rossé de la bonne façon; Et puis après il me dira son nom.
( Il fait, un pas et revient.)
Ce jeune Hombert est quelque amant, je gage. Un beau garçon , le coq de son village. Laissez-moi faire.
LE COMTE
Obéis promptement.
GERMOJN.
Je* -me doutais qu'elle avait quelque amant; Et Biaise aussi lui tient au cœur peut-être. On aime mieux son égal que son maître.
LE COMTE
Ah î cours, te dis-je.