‹ Théâtre de VoltaireChapitre 57 sur 339 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

madame DURU, LE MARQUIS, ÉRISE,

DAMTS.

DAMIS

Ah ! ah ! l'on parle donc ici D'hyrnénée et d'amour? je veux m'y joindre aussi. Votre bonté pour moi ne s'est point démentie ; Ma mère me mettra, je crois, de la partie. Monsieur a la bonté de m'accorder sa sœur; Je compte absolument jouir de cet honneur, Non point par vanité , mais par tendresse pure : Je l'aime éperdument, et mon cœur vous conjure De voir avec pitié ma vive passion.

Voyez-vous, je suis homme à perdre la raison ; Enfin c'est un parti qu'on ne peut plus combattre. Une noce , après tout , suffira pour nous quatre. Il n'est pas trop commun de savoir en un jour Rendre deux cœurs heureux par les mains de l'amour; Mais faire quatre heureux par un seul coup de plume, Par un seul mot , ma mère , et contre la coutume , C'est un plaisir divin qui n'appartient qu'à vous; Et vous serez, ma mère, heureuse autant que nous.

LE MARQUIS

Je réponds de ma sœur, je réponds de moi-même; Mais madame balance, et c'est en vain qu'on aime.

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