‹ Théâtre de VoltaireChapitre 77 sur 339 · ACTE II, SCÈNE Vit · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE Vit

Avec tout mon argent. Ali, traître! ah, scélérate!

LE MARQUIS

Qu'avez-vous donc, monsieur, qui parlez seul ainsi?

M. du ru.

Mais j'étais étonné que vous fussiez ici.

Et pourquoi, mon ami?

M. DURU

Monsieur Duru, peut-être, Ne serait pas content de vous y voir paraître.

LE MARQUIS

Lui , mécontent de moi ! Qui vous a dit cela ?

M. DURU

Des gens bien informés. Ce monsieur Duru-là, Chez qui vous avez pris des façons si commodes, Le connaissez-vous ?

LE MARQUIS

Non : il est aux antipodes , Dans les Indes, je crois, cousu d'or et d'argent.

M. DURU

Mais vous connaissez fort madame?

LE MARQUIS

Apparemment :

Sa bonté m'est toujours précieuse et nouvelle, Et je fais mon bonheur de vivre ici près d'elle. Si vous avez besoin de sa protection , Parlez; j'ai du crédit, je crois, dans la maison.

M. DURU

Je le vois... De monsieur je suis l'homme d'affaires.

LE MARQUIS

Ma foi ! de ces gens-là je ne me mêle guères.

\ll\ LA FEMME QUI A RAISON.

Soyez le bienvenu; prenez surtout le soin D'apporter quelque argent, dont nous avons besoin. Bonsoir.

M. DURIT, à part.

J'enfermerai dans peu ma cbère femme.

(Au marquis.)

Que l'enfer... Mais, monsieur, qui gouvernez madame La chambre de sa fille est-elle près d'ici ?

LE MARQUISw

Tout auprès, et j'y vais. Oui, l'ami; la voici.

(Il entre chez Érise, et ferme la porte.) M. DURU.

Cet homme est nécessaire à toute ma famille : 11 sort de chez ma femme, et s'en va chez ma fille. Je n'y puis plus tenir, et je succombe enfin. Justice ! je suis mort.

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