‹ Théâtre de VoltaireChapitre 8 sur 339 · ACTE I, SCENE II. T · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE II. T

BLAISE

LE COMTE

Eh bien ?

BLAISE

C'est la belle Nanine.

Nanine ?

LA BARONNE

Ah ! bon ! je ne m'oppose point A de pareils amours.

LE COMTE, à part.

Ciel ! à quel point On m'avilit! Non, je ne le puis être.

BLAISE

Ce parti-là doit bien plaire à mon maître.

LE COMTE

Tu dis qu'on t'aime, impudent!

BLAISE

Ah ! pardon.

LE COMTE

T'a-t-elle dit qu'elle t'aimât ?

BLAISE

Mais... non , Pas tout-à-fait ; elle m'a fait entendre Tant seulement qu'elle a pour nous du tendre ; D'un ton si bon, si doux, si familier, Elle m'a dit cent fois : « Cher jardinier, « Cher ami Biaise , aide-moi donc à faire « Un beau bouquet de fleurs , qui puisse plaire « A monseigneur, à ce maître charmant; »

Et puis d'un air si touché , si touchant , Elle fesait ce bouquet : et sa vue Était troublée ; elle était toute émue , Toute rêveuse, avec un certain air, Un air, là, qui... peste ! l'on y voit clair.

LE COMTE

Biaise, va-t'en... Quoi ! j'aurais su lui plaire

ELAISE.

Cà , n'allez pas traînasser notre affaire.

LE COMTE

Hem !...

BL AISE

Vous verrez comme ce terrain-là Entre mes mains bientôt profitera.

Répondez donc; pourquoi ne me rien dire?

LE COMTE

Ah ! mon coeur est trop plein. Je me retire... Adieu, madame.

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