‹ Théâtre de VoltaireChapitre 80 sur 339 · É RISE · texte numérisé non relu

É RISE

D'où vient que cet agent fait tant de tintamarre?

LE MARQUIS

Ma foi ! je n'en sais rien; cet homme est si bizarre !

ÉRISE.

Est-ce que mon mari, monsieur, vous a fâché?

M. DURU

Son mari !... J'en suis quitte encore à bon marché. C'est là votre mari?

ÉRISE.

Sans doute, c'est lui-même.

Lui, le fils de Gripon?

ÉRISE.

C'est mon mari, que j'aime.

A mon père, monsieur, lorsque vous écrirez, Peignez-lui bien les nœuds dont nous sommes serrés.

M. DU RU

Que la fièvre le serre !

LE MARQUIS

Ah! daignez condescendre...

M. DU RU

Maître Isaac Gripon m'avait bien fait entendre Qu'à votre mariage on pensait en effet; Mais il ne m'a pas dit que tout cela fût fait.

LE MARQUIS

Eh bien ! je vous en fais la confidence entière.

M. DU RU

Mariés ?

ÉR JSE.

Oui, monsieur.

M. DURU

De quand?

LE M ARQUIS.

La nuit dernière.

M. DURU, regardant le marquis,

Votre époux, je l'avoue, est un fort beau garçon; Mais il ne m'a point l'air d'être fils de Gripon.

LE MARQUIS

Monsieur sait qu'en la vie il est fort ordinaire De voir beaucoup d'enfants tenir peu de leur père. Par exemple, le fils de ce monsieur Duru En est tout différent, n'en a rien.

M. DURU

Qui l'eût cru ?

.Serait-il point aussi marié, lui ?

LE MARQUIS

Sans doute.

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