CASSANDRE, GILLES, MADAME GILLES
CASSANDRE
u'est-ce donc, mes enfans, qu'est-ce qui
brûle i
Pardienne, not' Maître, c'est moi qu'on bat.
CASSANDRE
Ah ? ce n'est rien ; ce sont petites privautés d'amour, qui font la paix d'un heureux mariage.
GILLES
Pardienne, voilà de drôles de pets. J'en fais qui ne font pas tant de mal que c'a.
CASSANDRE
Va, mon ami, quand tu seras plus sage, tu connoîtras la sagesse, voici cinq sols et demi
366 Le mauvais
de monnoye pour m'aller acheter mais
non, je consens de t'en faire un présent en pur don pour aller boire à ma santé.
Pardienne, c'est mieux dit que ce que vous contez ordinairement. Allez, laissez-moi faire, je vais faire une bonne comparaison avec une pinte de vin.
CASSANDRE
Eh bien oui, va te rafraîchir : et moi je vais pendant ce tems faire ta paix.
GILLES
Oh petez tant qu'il vous plaira; mais je n'entends pas que vous pétiez pour moi.
CASSANDRE
Tiens, prends ton jerôme.
GILLES
Mordienne, je n'en veux point, il m'a battu. Eh bien si fait, donnes-le, not' minagere, il me servira peut-être à prendre ma revanche. (// sort.)
CASSANDRE
Vous voyez, ma mignonne, comment l'amour rend libéral.
GILLES revenant.
Eh, not' Maître i
Exemple. 367
CASSANDRE
Plaît-il ?
GILLES
Boiraî-je du vin i
CASSANDRE
Ht pourquoi non ? c'a est fort du vin, c'a réjouit le cœur.
C'est que si je buvois de la bierre, j'en boirois davantage pour vot' argent.
CASSANDRE
Eh mais la bierre est bonne, c'a rafraîchit, et n'est pas si cher.
GILLES
Du vin, de la bierre, etc. (à volonté.)