‹ Théâtre des boulevards. Réimprimé pour la premìere fois et précédé d'une notice (volume 2)Chapitre 127 sur 137 · SCENE VI · texte numérisé non relu

SCENE VI

ISABELLE seule.

DITES-MOI ma pensée, ce que fait à présent mon cher Liandre au jour d'aujourd'hui qu'il n'est point ici, je suis comme une branche sans l'oiseau dessus. Que ferai-je sur le Boulevard, où tous les autres sont deux à deux ! J'y serai toute seule, et je ne me laisserois pas raccrocher par un Prince quand il voudroit me mener en Fiacre au bois de Boulogne; car jamais je n'ai z'eu d'Amant qui fût tant à mon gré que stui-là. Stapendant il est bien long-tems dehors, quatre jours me sont aussi longs comme des jours sans pain, et z'une fille est z'un corps sans ame, quand elle n'a pas son Monsieur. Ah, que je voudrois bien faire comme Monsieur Cassandre me l'a dit, il ne m'envoye promener que pour demeurer avecnot' servante, et pour travailler au bonetde Monsieur Gilles. Il s'imagine, le bon homme, que je ne vois pas plus loin que son nez, je lui en veux donner z'un pied^ et demeurer pour le faire z'endever. Mais on dit qu'il faut laisser faire le monde en paix. Allons donc me promener, dame, il est bien triste aussi de le taire tout seule. Mais peut-être trouverai-je mon cher Liandre ; il aime la bonne compagnie, et elle se trouve au Boulevard.

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