‹ Théâtre des boulevards. Réimprimé pour la premìere fois et précédé d'une notice (volume 2)Chapitre 131 sur 137 · SCENE X, CASSANDRE, MADAME GILLES, GILLES · texte numérisé non relu

SCENE X, CASSANDRE, MADAME GILLES, GILLES

GILLES

AH pardienne, cela va bien, à vot' aise, mais je vois bien qu'il faut vous séparer, vous êtes trop mal ensemble. Allons, allons, maître Jérôme, ma revanche.

(// les frappe tous deux.)

CASSANDRE

Aye, aye.

{Quand Gilles a bien battu, il boit un un coup, s'évente.)

MADAME GILLES

Mon cher mari, je vous demande pardon, vous avez tort.

GILLES

Ah c'a. Monsieur, mon congé et mes gages.

CASSANDRE

Comment tes gages ? je viens de te les payer.

382 Le mauvais

Quoi ! ce sont là mes gages î Oh pardienne, je vais mettre vot' maison sur le grand pied. (Il le frappe encore.)

CASSANDRE

Eh bien, comptons.

GILLES

Dame^ je les ai donnés sans compter: recommençons donc.

CASSANDRE

Eh non de par le diable qui te fracasse, combien veux-tu d'argent ?

GILLES

Je veux cent sols.

CASSANDRE

Comment cent sols! il n'y a pas huit jours que je t'ai pris à mon service, et cent sols sont au moins les gages de trois mois. Mais faisons mieux, veux-tu quinze sols l nous n'avons point fait de marché.

Comment quinze sols ! par la jarnichou.

MADAME GILLES

Eh, mon cher mari !

Exemple, 38Î

GILLES

Ote-toi de là.

CASSANDRE

Eh bien, ne te fâche plus, je vais t'en donner dix-huit pour boire à ma santé, mais à condition que tu ne sortiras point de mon service.

GILLES

Pardienne, j'y consens.

CASSANDRE en comptant la monnaye.

Tout ce que l'amour fait faire ! quelle dépense !

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