‹ Théâtre des boulevards. Réimprimé pour la premìere fois et précédé d'une notice (volume 2)Chapitre 22 sur 137 · ISABELLE, VILLEBREQUIN · texte numérisé non relu

ISABELLE, VILLEBREQUIN

VILLEBREQUIN

JE crois que la voilà, cette adorable z'isabelle. Bon jour mon bel Angelet du Paradis.

ISABELLE le prenant sous le menton.

Votre servante, Monsieur Villebrequin.

VILLEBREQUIN

Cette fille me ravit, c'est la modestie ellemême.

ISABELLE

Ah ! point du tout, Monsieur.

VILLEBREQUIN

Mais, la belle enfant, je voudrois bien que vous vinssiez un jour dans ma maison, ma femme est à la campagne des champs.

ISABELLE

Monsieur, je ne vais jamais t'en ville.

VILLEBREQUIN

C'est que j'ai tant de peur de m'enrhumer ; les rhumes sont mauvais cette année.

La chaste Isabelle. 67

ISABELLE

Si VOUS voulez ce soir venir souper dans ma chambre, j'aurai une salourde.

VILLEBREQUIN

J'en demeure d'accord, ma mignonne.

Cela ne vaut-il pas mieux que de dépenser votre argent comme vous avez fait hier ?

Je vous ai fait voir hier la curiosité, vous me montrerez la marmotte.

Vous n'avez qu'à parler, mais si vous voulez me prêter dix écus pour vous donnez à souper.

VILLEBREQUIN

Par S. Jean, je n'y pensois pas; mais dix écus, c'est beaucoup.

C'est que je veux que vous fassiez bonne chère, et qu'après la panse vienne la danse ; de plus il faut que je paye mon terme.

VILLEBREQUIN

Tenez, ma mignonne, j'en mangerai au moins une partie.

68 La chaste Isabelle.

ISABELLE

Je vous attens ce soir z'à huit heures précises, frappez seulement à la porte.

VILLEBREQUIN

Oui, ma charmante, laissez faire à mon impatience.

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