‹ Théâtre des boulevards. Réimprimé pour la premìere fois et précédé d'une notice (volume 2)Chapitre 31 sur 137 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

BROQUENTIN, LEANDRE.

BROQUENTIN.

NON je n'ai jamais été plus content puisque Monsieur Cassandre vient de m'accorder sa fille en mariage.

LEANDRE

Ah sacredié qu'entens-je?

BROQUENTIN.

Monsieur, à vos discours je vois bien que vous êtes P***, c'est pourquoi je vous prie, en payant, de vouloir bien m'épouser.

Le Doigt mouillé. gS

LEANDRE

Vous épouser, allez, Monsieur, vous me prenez pour un J***, mais apprenez que je suis P. de PO***.

BROQUENTIN.

Monsieur, je suis bien fâché de n'avoir pas connue Mademoiselle PO*** votre fille, certainement je lui aurois donné sans balancer la préférence.

LEANDRE

Allez, mon ami, vous êtes un vieux fou, sçachez que Mademoiselle Isabelle z'est trop espirituelle pour z'épouser z'un original comme vous.

(Il lui donne un coup de poing.)

BROQUENTIN, lui donnant un coup de canne.

Vous êtes un impertinent, apprenez que son père, qui est depuis long-tems mon véritable ami, m'en a donné sa parole.

LEANDRE Continuant de lui donner des coups de poing.

Z'et moi, je vous donne la mienne qu'elle n'épousera que moi.

BROQUENTIN Continuant de la canne.

Et moi je vous ferai mourir sous le bâton, plutôt que de vous la céder.

94 ^6 Doigt mouillé.

Voilà un maraut qui pourroit me manquer de respect, z'il vaut mieux que j'aille chercher mon épee; z'et que je vienne z'ici tuer le père, la fille, mon rival, et moimême aussi, z'après j'irai réjoindre le Régiment pour z'éviter les poursuites que l'on pourroit faire contre z'une action si barbare.

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