‹ Théâtre des boulevards. Réimprimé pour la premìere fois et précédé d'une notice (volume 2)Chapitre 35 sur 137 · CASSANDRE, COLOMBINE · texte numérisé non relu

CASSANDRE, COLOMBINE

CASSANDRE

COMMENT petite étourdie, vous qui ne vous plaisiez qu'avec des femmes, vous avez l'effronterie de vouloir enlever z'un amant à votre sœur ?

COLOMBINE

Ah, mon père ! si vous avez queuque tendresse pour moi, je vous prie de m'accorder Liandre pour époux.

CASSANDRE

Mais tu n'y penses pas, si tu avois lu l'histoire tu sçaurois que de tous tems les Liandresontépousé lesz'Isabelles,etcertainement je ne donnerai jamais un camouflet aux régies.

COLOMBINE

Que je suis malheureuse !

CASSANDRE

Mais écoute, puisque tu te sens besoin d'homme, que ne prens-tu Monsieur Broquentin qui a du goût pour toi ?

Le Doigt mouillé* 99

COLOMBINE

Mais, mon père, vous sçavez qu'il pue, et que son premier mariage a été cassé, parce qu'il n'a jamais pu le consommer.

CASSANDRE

Bon, j'étois bien pis que tout cela quand j'épousai ta mère, crois-moi ne le laisse point z'échapper.

COLOMBINE

En vérité, mon père, j'aime autant rester fille que d'être la femme d'un pareil morceau.

CASSANDRE

Qu'est-ce à dire morceau, ne fais poins tant la petite bouche, je ne suis point la dupe de toutes ces simagrées, et je gagerois que tu voudrois déjà l'avoir dans le ventre.

COLOMBINE

Je vous jure, mon père, que vous vous trompez, et que si quelque appétit me tourmente de ce côté-là, il n'y a que Liandre seul qui puisse le satisfaire.

CASSANDRE

Tasta, ta, ta, Leandre, Leandre, et si ta sœur le choisit, il faudra bien que tu prenne Broquentin ; le voici, prends garde à toi.

100 Le Doifft mouillé.

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