GILLES, CATIN
GILLES tournant autour de Catin.
PARDiENNE voilà cc qu'on appelle ça un bon cul de ménage, un bon...
CATIN
Que regardez-vous là. Monsieur Gilles?
GILLES
Mamselle je vous reluque; et que faitesvous comme ca toute seule i
Je vous entens badin ; mais pour se marier il faut avoir de quoi, et je n'ai pas dequoi payer une chopine de vin, ou bien un coup de caffé de Suisse.
Tant mieux ni moi non plus,
CATIN
Tant pis, et la marmitte ?
228 Le Marchand
GILLES
Nous n'en ferons point, ça se répand d'un rien. Bon, bon, qu'importe, regardez-moi, je ne sis ni tortu ni bossu, je trouverons dequoi ; s'il n'y avoir que ceux qui ont des rentes qui en fissions la folie, il n'y auroit pas tant de cocus.
CATIN
Tout cela est bel et bon. Monsieur Gilles, mais il faut du comptant.
Ah, Mamselle, vous en avez pour nous deux, mais pardienne je suis bien aise de vous voir avant que les choses aillent plus loin.
CATIN
He pourquoi donc ?
GILLES
Trotez , marchez , quarrez - vous devant moi.
CATIN
Est-ce comme cela, Monsieur Gilles ?
Oui fort bien, car je ne veux pas acheter chat en poche ; mais dites-moi z'un peu .^
de Merde. 22g
CATIN
Quoi ?
GILLES
Etes-vous bien fille partout ?
CATIN
Oh beaucoup. Comptez que je la suis autant que l'étoit ma mère après m'avoir mis au monde. Je ne puis pas dire davantage.
Oh! si cela est, je n'ai rien à dire, car assurément votre mère n'étoit pas un homme.
Oui, mais Monsieur Gilles, je m'amuse ici à la moutarde, votre cul est une bête qui se fait porter par un âne : si vous croyez m'épouser sans rien avoir, ou sans sçavoir comment en gagner. Je suis votre servante. Monsieur Gilles.