SCENE V
GILLES, ARLEQUIN
ARLEQUIN avec un gros baril.
AH bon jour Gilles; comment te portetu ?
GILLES
Fort bien, sans argent, sans embarras , et toi ?
ARLEQUIN
Je me suis mis dans le négoce de la marchandise.
GILLES
Diantre ! et que vendez-vous donc ?
ARLEQUIN lui faisant sentir une sonde qu'il
tire du barril.
Tenez , voyez si vous connoissez cette marchandise?
de Merde. 23
GILLES se bouchant le ne:{.
Pardienne, oui, j'en fais tous les jours, c'est de la merde; est-ce que cela se vend t
ARLEQUIN
Vraiment oui, on en a même un grand débit ; d'où venez vous donc ?
Jamais je n'en ai entendu parler, et j'en vois tant dans les rues auxquelles on ne touche point.
ARLEQUIN
C'est qu'il y a tant de gens qui ont d'autres Professions , qu'ils ne pensent point à cela.
GILLES
Mais moi qui vous parle qui ne sçais point de métier, je n'y ai jamais pensé non plus. Oh combien j'en ai perdu! Mais à qui vend-on cela i
ARLEQUIN
A bien des gens , mais sur tout aux Apoticaires. Tenez-vous-là, vous allez voir.
232 Le Marchand