SCENE IV
LEANDRE, ISABELLE
EH bien, charmante z'Isabelle, oserois-je sur le soupçon d'un valet dresser encore vers vous mes affections ? pouvons-nous nous en flater d'un peu de réussite dans nos amours ?
ISABELLE
Pour ce qui est d'en cas de ça. Monsieur le biau Liandre, j'aurai l'honneur de vous dire, que mon cœur z'et moi nous serons toujours ouverts pour vous; et si Monsieur mon père m'obligeoit d'épouser Monsieur Cassandre, j'aurois toujours une porte toute prête pour que vous entrissiez tout de go dans mes affections.
qui est beau. 2bg
Quoi, z'adorable z'Isabelle, vous en épouseriez un autre ? Non je ne pourrai jamais y consentir; j'aimeroîs mieux qu'il m'épousât moi, et pouvoir vous le rendre tout de suite,
Vous êtes par trop civil, beau Liandre, et c'est par toutes ces belles manières que vous avez tellement gagné mon cœur, que je ne vous en verrai pas sortir un instant, sans désirer que vous y rentriez sur le champ.
LEANDRE
Moi, z'en sortir, charmante z'Isabelle ? Non, je veux y rester toujours. Quoi, voudriez-vous rendre ma passion comme un lavement i Ah je croirois sans doute avoir manqué mon coup, si je vous voyois un instant vuide de mes affections envers vous.
ISABELLE
Ah Liandre, il z'est bien vrai de dire que votre passion est bien pleine d'amour, mon cœur ne peut tenir allenconire de vos douceurs je me sens toute mouillée mes
larmes coulent comme l'eau dans la rivière.
LEANDRE s' attendrissant.
Mon Isabelle i
200 Ah que voila
ISABELLE
Liandre vous pleurez.
LEANDRE
Eh qui pourroit s'arrêter en si beau chemin Isabelle vous m'aimez ?
ISABELLE
Oui, Liandre, cent fois plus que mon père.
Et moi je sens que je suis plus amoureux
de vous que si vous étiez ma mère mais
il faut que vous vous prépariez à recevoir Monsieur Cassandre. Ah ! malgré nos pleurs .qu'il vous trouvera aimable gaye.
ISABELLE
Quoi, Liandre, sans vous ?
LEANDRE
Oui, ma z'Isabelle, vous ne pouvez pas être triste, car j'emporte avec moi tout le chagrin du monde Adieu.