‹ Théâtre des boulevards. Réimprimé pour la premìere fois et précédé d'une notice (volume 2)Chapitre 92 sur 137 · SCENE PREMIERE, ISABELLE, ARLEQUIN · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE, ISABELLE, ARLEQUIN

ISABELLE

ARLEQUIN z'il est vrai, gna pas t'a tortiller, Je prétends voir Liandre, à gogo lui parler!

ARLEQUIN

Ly parler da! l'aut' jour vous ly parliez, la peste.

284 V Amant

y n'entendois pas les mots, je voyais ben le geste.

(Il fait quelques gestes deshonêtes.)

ISABELLE

Badin va m'el chercher.

ARLEQUIN

Vous l'aurez pal bon bout Monsieur Gilles est mon maître, et si j'vous

sers en tout, Lorsqu'aux enfans trouvés fil fit de vous

emplette, Vous étiez mêt-avis encore à la bavette.

ISABELLE

Je n'avois pas t'onze ans.

Queu drol d'Amant c'est-là !

Il aime, il est jaloux, puis l'en demeure-là; Pour vous magner la main il prendroit des

pincettes; Dame à le voir si sage à Tendroitdes fillettes, Si l'on dit qu'il est fou, on ment.

ISABELLE

Lui fou! jamais.

Mais Liandre, il est vrai

cochemard. 285

ARLEQUIN

Bientôt vous le verrez, Y devroit être ici, t'il sçait que Monsieu

Gilles N'est pas t'a la maison, d'autant qu'il est en

Ville; Seroit-il pas poltron?

ISABELLE

Arlequin, quelle erreur!

Liandre ose m'aimer, va croi qu'il a du cœur.

Sais-tu queul sort heureux m'en fit faire la conquête?

Par hazard il pissoit un jour sous ma fenêtre,

Je ne sçais quoi me dit, ah queu ravissement!

Que Liandre était fait pour moi précisément

Il est vrai qu'il est fait tout comme un' arbalète.

ARLEQUIN apercevant Leandre qui passe la tête hors de la coulisse.

Quand on parle du loup

ISABELLE

J'en vois déjà la tête.

286 L'Amant

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