‹ Théâtre des boulevards. Réimprimé pour la premìere fois et précédé d'une noticeChapitre 110 sur 146 · I.EANDRE · texte numérisé non relu

I.EANDRE

Oui mes enfans.

ARLEQUIN

Mais il court après vous, cela m'est bien arrivé.

LEANDRE

Hé non, il n'y courra pas, la pomme vous rend invisible, il ne sçait plus ce qu'on est devenu.

ARLEQUIN

Je m'en vais faire la fortune de tous les Marchands de Paris, donnez, donnez not' maître.

Mais dame aussi vous vous gaussez de nous peut-être.

LEANDRE

Nenni, ma foi; mais pour vous prouver la vérité de ce que je vous dis, voulez-vous voir combien cette pomme a de vertu. Vous demeurerez là tous les deux, vous la cacherez où vous voudrez, et d'abord je la trouverai.

/ ,1 /'iDIllllC

Pardienne je pane que non.

■ris.

mettrai bien mon bourçon>

/..177/. Leandrese retire, Gilles met lapomme 1 son chapeau.

Gll.l.l ■,

■ hit.

ire filtre et les salue tOSU •.Jeux le chapeau a lu main. Arlequin ôte son chapeau,

(iilles tire seulement le pied.

iiic, monsieur («iilcs, cela n'est pat

de recevoir ainsi votre monde, et je vois bien que je ne vous apprendrai jamais les belles manières.

oll.l.KS.

Dame, comment voulez-vous que je fasse l

Leandre lui donne un coup de pied au cul, et lui ote s<i>i chapeau sous lequel il trouve la pomme.

1 1 -,-.iii<i .

Comme cela, Monsieur ("iilles... oh ça, les

enjeux sont .1 moi.

de Turquie. 289

Nenni, nenni, nous avons joué pour trois fois.

ARLEQUIN

Pardié, Monsieur, c'est pour trois fois. J'en aurois bien fait autant.

leandre après quelques disputes à volonté.

Allons je le veux bien, il faut bien avoir quelques douceurs pour ses Domestiques.

// sort après quelques la^is entre Gilles et Arlequin, Gilles met la pomme dans un de ses sabots.

ARLEQUIN

C'est fait, minon mine'.

LEANDRE

Je viens de recevoir z'une lettre d'un de mes amis de Turquie, qui me prie de lui envoyer une paire de sabots à la mode de France : Gilles, montre-moi les tiens.

La^yi du sabot. Enfin Leandre trouve la pomme.

GILLES

Pardicnne, il est sorcier.

290 La Pomme

ARLEQUIN

Nous avons encore un coup à jouer. Allons, not' Maître, allez vous cacher.

LEANDRE

Je fais ce que veulent ces drôles-là.

Nouveau la^i qui finit, parce que Gilles mange la pomme.

GILLES

Qu'il vienne à présent, il ne la retrouvera pardienne que demain.

ARLEQUIN

Allons, Monsieur, venez, pour cette fois nous allons voir beau jeu.

Leandre revient avec une poignée de farine

que l'on ne voit point.

GILLES

Vous l'avez trouvée deux fois, voyons celle-ci.

LEANDRE

La première fois elle étoit dans ton chapeau, la seconde dans ton sabot, il faut à présent qu'elle soit dans ton juste-au-corps.

GILLES

Ah, ouiche, comme vous la trouverez ; mais laissez donc, Monsieur, vous me chatouillez.

de Turquie. 2g 1

LEANDRE

Tu l'as mise dans ta bouche.

Gilles en riant ouvre la bouche et ferme les yeux.

Il en faut donc faire un bignet.

Dans le même tems Leandre lui jette la farine dans la bouche, ce qui fait la risée.

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