ISABELLE, CASSANDRE, ARLEQUIN
Isabelle en entrant donne un soufflet à Arlequin.
Voyez un peu cet insolent qui m'appelle z'isabelle, comme on appelle un chien Citron.
ARLEQUIN
Voilà un beau commencement d'obéissance ! Dame, Mamselle, c'est Monsieur votre Père.
Isabelle lui donnant deux ou trois soufflets.
Mon Père, gueux de faquin; si tu me raisonnes, je te donnerai, de mon Père, sur les oreilles.
AULF
.lie votre fille qui me paroit dis; ! . ..". pour
moi.
! je l'ai bien élevée. Of c'a, ma cherc enfant, je suis oblige de partir pour les je te lai jain qui aura
soin ii
D cher Pcrc, vuus me trouverez toute ma vie dans ia /'obéissance d'une hlle qui a de la considération pour son Perc; et puisque ( opiniâtreté de partir, je ne pas de m'y t'y opposer : pour ce qui est d'en cas de z'Arlequin, hez-vous t'a moi, je le ferai bien charier droit.
CASSANDRE
I itendons-nous, ma fille, je pretens que ce soit z'Arlequin qui soit le maître dans la maison, et c'est sous sa direction que ic te laisse.
ARLF
! tendons-nous, Mamsclle, Monsieur votre Pore ne prétend pas que ce soit vous qui • sur moi, il veut que ce soit moi qui sois sur vous, il sçait la rc»;le.
aux Indes. 207
Comment vous voulez, mon cher Père, que j'obéisse à z'un valet qui se fichera de moi toute la journée, et qui n'est pas tant seulement digne de me décroter mes souliers ?
CASSANDRE
Oui, ma fille, je lui donne mon autorité paternelle.
ARLEQUIN
Oui, Mamselle, son autorité paternelle,, maternelle, fraternelle, tanternelle, et sempiternelle.
CASSANDRE
La bienséance veut qu'une fille soit sous la direction de quelques-z'uns de raisonnable.
ARLEQUIN
Sous une protection déraisonnable.
CASSANDRE
Pour éviter la chronique scandaleuse.
ARLEQUIN
La colique.... Comment dites-vous ?
CASSANDRE
Et confier à une fille son propre honneur, c'est renfermer cette précieuse liqueur dans. un vase trop fragile.
ARLt
■ toujours quelque
trou , enfuit.
i>\BKt.LE lui donne un soufflet.
-là à ton >ra me je réponds aux raisonneurs.
ajllbqUIN donne des coups de bâton à Cassj-i
Tenez, Monsieur, voilà comme elle répond aux raisonneurs.
■1ère.
Ah ! je vois bien que la zizanie de la discorde s'emparera de ma maison, et qu'il vaut mieux que je ne parte pas pour mon : i belle, vous payerez plus cher qu'au marché votre peu de soumission pour un Père, qui ne songe qu'à vous amasi-er de quoi.
ISKRKLLE.
Mais aussi, mon -il juste que
.ie la subjection pour z'un domestique:
RE
i parlons plus, n'en parlons ptal rai, mais par la Carcagnote de mon grand-perc, tu t'en repentiras.
aux Indes. 209
Isabelle à part.
J'ai tort de ne point laisser t'aller, mon Père, aux Indes, j'aurai t'encore moins mon libre arbitre, (haut.) Mon Père, je vous demande pardon, et je le ferai de bon cœur, puisque vous le voulez.
Ah, voilà parler ça !
ARLEQUIN
La bonne pièce.
ISABELLE
Il ne s'agit point z'ici de faire de frimes, et tu peux compter, mon cher z'Arlequin, que puisque mon Père l'exige, je t'obéirai comme z'à lui-même.
CASSANDRE
Sur ce pied-là, je vais donc partir tranquillement pour les Indes.
Ah, mon cher Papa, quand je songe que vous allez si loin, je ne sçaurois retenir les larmes de ma douleur ; je suis prête z'à m'évanouir; si vous allez t'être malade!
ARLEQUIN
Eh bien, est-ce qu'il n'y a pas de maréchaux dans ce pays là ?
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