‹ Théâtre des boulevards. Réimprimé pour la premìere fois et précédé d'une noticeChapitre 76 sur 146 · ISABELLE, CASSANDRE, ARLEQUIN · texte numérisé non relu

ISABELLE, CASSANDRE, ARLEQUIN

Isabelle en entrant donne un soufflet à Arlequin.

Voyez un peu cet insolent qui m'appelle z'isabelle, comme on appelle un chien Citron.

ARLEQUIN

Voilà un beau commencement d'obéissance ! Dame, Mamselle, c'est Monsieur votre Père.

Isabelle lui donnant deux ou trois soufflets.

Mon Père, gueux de faquin; si tu me raisonnes, je te donnerai, de mon Père, sur les oreilles.

AULF

.lie votre fille qui me paroit dis; ! . ..". pour

moi.

! je l'ai bien élevée. Of c'a, ma cherc enfant, je suis oblige de partir pour les je te lai jain qui aura

soin ii

D cher Pcrc, vuus me trouverez toute ma vie dans ia /'obéissance d'une hlle qui a de la considération pour son Perc; et puisque ( opiniâtreté de partir, je ne pas de m'y t'y opposer : pour ce qui est d'en cas de z'Arlequin, hez-vous t'a moi, je le ferai bien charier droit.

CASSANDRE

I itendons-nous, ma fille, je pretens que ce soit z'Arlequin qui soit le maître dans la maison, et c'est sous sa direction que ic te laisse.

ARLF

! tendons-nous, Mamsclle, Monsieur votre Pore ne prétend pas que ce soit vous qui • sur moi, il veut que ce soit moi qui sois sur vous, il sçait la rc»;le.

aux Indes. 207

Comment vous voulez, mon cher Père, que j'obéisse à z'un valet qui se fichera de moi toute la journée, et qui n'est pas tant seulement digne de me décroter mes souliers ?

CASSANDRE

Oui, ma fille, je lui donne mon autorité paternelle.

ARLEQUIN

Oui, Mamselle, son autorité paternelle,, maternelle, fraternelle, tanternelle, et sempiternelle.

CASSANDRE

La bienséance veut qu'une fille soit sous la direction de quelques-z'uns de raisonnable.

ARLEQUIN

Sous une protection déraisonnable.

CASSANDRE

Pour éviter la chronique scandaleuse.

ARLEQUIN

La colique.... Comment dites-vous ?

CASSANDRE

Et confier à une fille son propre honneur, c'est renfermer cette précieuse liqueur dans. un vase trop fragile.

ARLt

■ toujours quelque

trou , enfuit.

i>\BKt.LE lui donne un soufflet.

-là à ton >ra me je réponds aux raisonneurs.

ajllbqUIN donne des coups de bâton à Cassj-i

Tenez, Monsieur, voilà comme elle répond aux raisonneurs.

■1ère.

Ah ! je vois bien que la zizanie de la discorde s'emparera de ma maison, et qu'il vaut mieux que je ne parte pas pour mon : i belle, vous payerez plus cher qu'au marché votre peu de soumission pour un Père, qui ne songe qu'à vous amasi-er de quoi.

ISKRKLLE.

Mais aussi, mon -il juste que

.ie la subjection pour z'un domestique:

RE

i parlons plus, n'en parlons ptal rai, mais par la Carcagnote de mon grand-perc, tu t'en repentiras.

aux Indes. 209

Isabelle à part.

J'ai tort de ne point laisser t'aller, mon Père, aux Indes, j'aurai t'encore moins mon libre arbitre, (haut.) Mon Père, je vous demande pardon, et je le ferai de bon cœur, puisque vous le voulez.

Ah, voilà parler ça !

ARLEQUIN

La bonne pièce.

ISABELLE

Il ne s'agit point z'ici de faire de frimes, et tu peux compter, mon cher z'Arlequin, que puisque mon Père l'exige, je t'obéirai comme z'à lui-même.

CASSANDRE

Sur ce pied-là, je vais donc partir tranquillement pour les Indes.

Ah, mon cher Papa, quand je songe que vous allez si loin, je ne sçaurois retenir les larmes de ma douleur ; je suis prête z'à m'évanouir; si vous allez t'être malade!

ARLEQUIN

Eh bien, est-ce qu'il n'y a pas de maréchaux dans ce pays là ?

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