SCENE VJ
LEANDRE, ISABELLE kabillée en Leandre.
MAIS qu^est ce jeune homme là, ah ! ah !
c*est Isabelle déguisée en Leandre; eh bien ma toute bonne^ sçavez^vous les merveilles qui se passent.
XSABKLLK.
Oui pardi, je sçais tout, Gilles a tout dit k Colombine, Colombine vient de me tout dire, et de là je conclue que tout est fichu.
LEANDRE
Dans cette conjecture-ci, source de ma joie, vous voyez bien que si je ne vous épouse point tout-à-fait, manque de bénédiction nuptiale, ce n*est pas de ma faute, je me suis prêté à tout, quoique vous soyez grosse, délices de ma vie, et que je sçache bien que notre mariage ne me fera rien v(Mr de nou** veau, c*est assez gracieux pour vous, charme de mes jours, que je ne sois pas du tout dégoûté.... et...
ISABELLE
Âh, mon cher z'Âmant, il n'est point question de me dire ici des tendresses de cœur, il s'agiroit plutôt de pouvoir attendrir mon
im
enragé de père, )e pense l'entendre qui monte la montée, laissez-moi faire une dernière tentative sur son esprit, retirez-vous.
LEANDRE
Mais ame de mon ame, si je restois pour bien parler à l'appui de la boule.
ISABBLLB.
Mordi, Monsieur, retirez-vous, vous dis-je, retirez-vous.
LBAMDRB*
Mais volupté de ma vie.
ISABELLE vivçmenU
Mais retirez-vous donc, retirez-vous donc, cela fait tout le malheur ; quoi vous ne voulez pas vous retirer quand |e vous en ai prié cent mille fois, en vérité c'est bien être incorrigible.
LEANDKE.
Là, là, point d'impatience, donnez-moi le tems, ma moutonne, et je me retire.
ISABELLE
Il est bien tems à présent, je crains, comme le feu, que mon ch' père ne nous ai vu ensemble; mais le voici, Ton n'a pas plutôt parié du loup qu'on en voit la queue, allons, contrefaisons Leandre, à celle fin que mon ch* père me marie à inoi*même.