‹ Théâtre des boulevardsChapitre 18 sur 156 · SCENE XIX · texte numérisé non relu

SCENE XIX

LEANDKE SCuU

PUISQUE me voilà tout seul sans personne au inonde à qui parler, je veux m'entretenir de par moi, comme qui diroit en Poésie par magnére de strances.

Quels tourmens tourmentent mon ame^ Mon amour est gros de fureur;

Je suis enflammé d'une flame

Que veut éteindre un vieux tuteur.

Cassandre veut donc que je crève.

De mes malheurs infortunés, Il la reprend quand je Tenleve, Et se rit de mon pied de nez.

Mon pied de nez..... ah ! quelle image. Cétoit bien sur un autre pied, que je voulois mettre en usage La belle qui me fait pitié.

Mais quelque chose que tu fasse,

42 Le Remède

Je sçaurai bien te la ravir, Cassandre quitte-moi la place Et laisse-moi seul la remplir.

Que dis-je ! au moment que je crie, Tu tâches d'être son vainqueur, Et ta main tremblante, flétrie, Â tâtons cherche ton bonheur.

Ni ta laideur, ni ta molesse.

Ne peuvent point me rassurer Malgré ton âge et ta faiblesse.

Un triste coup peut arriver.

Quoi la force à tes vœux succède !

Isabelle défends toi bien,

Tu pousses, il repousse, tu cèdes.

Arrête, arrête donc vieux chien.

Du coup que tu porte à ma belle Je ressens les faibles ardeurs ; Non, non, ce n'est point Isabelle, C'est moi que tu... Ciel je me meurs.

à la Mode. 4}

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