‹ Théâtre des boulevardsChapitre 37 sur 156 · GILLES, ARLEQUIN · texte numérisé non relu

GILLES, ARLEQUIN

ARLEQUIN

EH bien, j'ai soif; veux-tu me payer la chopine que je t'ai gagnée ?

GILLES

Pardienne je le voudrois bien ; mais quand j'ai parié, je croyois que je gagnerois, je n'ai ni sol ni maille: paye-la moi, je t'en devrai deux. Non, ce sera pour une autre fois, car il faut que je garde notre Demoiselle.

ARLEQUIN

Est-ce qu'on garde une femme ?

GILLES

Pardienne oui, elle ne sortira pas, j*ai la clef.

ARLEQUIN

Bon, ne sçais-tu que c'a ? est-ce qu'il n'y a pas une clef qui ouvre la porte de toutes les filles.

8o IsabeUe double.

GILLES

Oh oui, la petite soeur la connoît bien cette clef là. Mais je ne veux pas que not* Demoiselle la voie la petite sœur, elle voudroit peut-être qu^elle fît ce que je lui ai vu faire et ce n'est pas là not' compte.

ARLEQUIN

Ça ne te seroit pas difficile à empêcher.

Mon maître veut l'emmener, mais elle fait la sucrée, elle ne veut pas le suivre : si tu la vois, crois-moi, conseille-lui de partir.

GILLES

Pardienne je le ferai de tout mon cœur :

pourquoi non ?

ARLEQUIN

Les voici

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