GILLES, ARLEQUIN
ARLEQUIN
EH bien, j'ai soif; veux-tu me payer la chopine que je t'ai gagnée ?
GILLES
Pardienne je le voudrois bien ; mais quand j'ai parié, je croyois que je gagnerois, je n'ai ni sol ni maille: paye-la moi, je t'en devrai deux. Non, ce sera pour une autre fois, car il faut que je garde notre Demoiselle.
ARLEQUIN
Est-ce qu'on garde une femme ?
GILLES
Pardienne oui, elle ne sortira pas, j*ai la clef.
ARLEQUIN
Bon, ne sçais-tu que c'a ? est-ce qu'il n'y a pas une clef qui ouvre la porte de toutes les filles.
8o IsabeUe double.
GILLES
Oh oui, la petite soeur la connoît bien cette clef là. Mais je ne veux pas que not* Demoiselle la voie la petite sœur, elle voudroit peut-être qu^elle fît ce que je lui ai vu faire et ce n'est pas là not' compte.
ARLEQUIN
Ça ne te seroit pas difficile à empêcher.
Mon maître veut l'emmener, mais elle fait la sucrée, elle ne veut pas le suivre : si tu la vois, crois-moi, conseille-lui de partir.
GILLES
Pardienne je le ferai de tout mon cœur :
pourquoi non ?
ARLEQUIN
Les voici