‹ Théâtre des boulevardsChapitre 5 sur 156 · SCENE VI · texte numérisé non relu

SCENE VI

CASSANDRE, ISABELLE

CASSANDRE

OH ça, mon petit chose... mon petit bouchon, voici venir le moment que je veux te rendre heureuse d'un bonheur parfait, je t'épouse ce soir.

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ISABELLE

Aye, aye, ayc, qu'est-ce que j'apprends !

CASSANDRB.

Doucement, tu cries avant qu'on t'écorche, ne mettons point la charrue devant les bœufs^ et dis-moi d'abord que tu m'aimes.

ISABELLE

Monsieur, z'on m'a donné le fouet quand j'étois toute jeune^ pour ce que je mentois assez souvent, c'est ce qui fait que je me suis corrigée, et c'est pour ça que je ne sçaurois dire ça.

CASSANDRE

Quoi ! il n'est pas vrai que tu m'adores ?

Pour de l'amitié pour vous, j'en ai t'a revendre ; mais pour mon amour je Ta! mis favec un autre.

CASSANDRE

Comment, tu oses me dire cela, à moi ?

qui t'aime aussi vigoureusement que le chat aime le mou.

ISABELLE

Oh Dame je ne suis point chat, moi, et je ne sçaurois diriger mes affections à son exemple. '

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CASSANDRE

C'est que tu n'y fais pas attention, ma printanniere ; tiens, tu m'aimeras sans doute, dès la première nuit de nos noces, je te caresserai, je te tourmenterai de mille façons différentes et gentilles, mon bien sera à toi, tu pourras me prendre tout ce qui te plaira.

ISABELLE

Pour qui me prenez-vous, Monsieur, je ne suis point une voleuse.

CASSANDRB.

Quand je dis prendre mon bien, c'est-àdire t'en servir.

ISABELLE

Tenez, ne semble-t-il pas que vous soyez un gros Monsieur pour vingt-deux francs que vous avez t'a dépenser par moisf ne vla-t-il pas un beau bijou pour qu'on vous le prenne.

CASSANDRE

Ah! tête bille, c'en est trop petite mijaurée, vous tranchez avec moi de la résolue, comme un potage aux herbes, et je prévois à vos petits airs, que si Ton ne vous retient, vous netarderez pas à prendre la clef des champs; mats d'homme d'honneur, vous serez enga-

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gée. Malgré ma complaisance, je n'ai pu me faire z'aimer de toi ; mais puisque je n*en ai pu venir à bout à force de plier, je vais devenir d^ne roideur inflexible, nous verrons lequel te conviendra mieux Mais que vois-je, ô Ciel, je suis perdu !

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