ISABELLE, PAQUETTE, GILLES
GILLES
MAMSELLE, n'avez-vous pas rencontré un homme de toile, habillé de village, qui porte une épaule sur son bâton ?
ISABELLE
Non. Laisses-là ton homme, et parles à moi.
GILLES
De quoi s'agit-il i Je dirai tout ce que j*en sçais, et j'en' sçais tout ce que j'en dirai, sur-tout à' ce petit trognon qui me paroît bien joli.
PAQUETTE
Vous étei bien obligeant. Monsieur Gilles.
i8a La Vache
Pardienne, Mamselle, je sçais bien des choses que vous ne sçavez pas.
ISABELLE
Allons, il ne faut pas tant tourner autour du pot, ni t'amuser davantage à la moutarde. La trouves- tu jolie ?
GILLES
Pardienne oui, je sens mon cœur qui frétille.
ISABELLE
La veux-tu prendre z'à femme ?
GILLES
Quoi ! pour tout-à-fait ?
ISABELLE
Oui, pour toujours.
GILLES
Pardienne, je suis un bon drôle à mettre en ménage; tout le monde me veut. Not* Maître ne veut-il pas me marier aussi.
ISABELLE
Ne fais pas tant de la difficulté j c'est de Paquette quMl te parloit.
et le Veaiu r83
GILLSS*
Tout de bon; là, ne tous gaustez-vous pas ? Cest donc MamseUe qui presse ?
PAQUETTE
Comment donc, insolent, que voulez-vous dire i
GILLES
Pardienne, Mamselle, n'êtes-vous pas du quartier l
PAQUETTE
Out sans doute.
GILLES
Eh bien, Mamselle Paquette, hi... hi.., hi... Ce ne sera pas Mamselle qui vous jettera la pierre: vous voyez bien quMl ne vous faut pas fâcher contre moi, car à tout c'a je m'y connois bien, moi.
ISABELLE
Tais-toi. Voici queuque z'un.
184 La Vache