‹ Théatre du Figaro. Avec un rideau dessiné (volume 2)Chapitre 38 sur 77 · LE CORRESPONDANT FAMILIER · texte numérisé non relu

LE CORRESPONDANT FAMILIER

Af.EN. — Le motif de mon silence depuis deux mois, mon cher directeur, est dans le mariage de mon troisième frère avec la nièce de M. Filhon. Cet événement m'a un peu détourné du théâtre, où d'ailleurs rien de remarquable ne s'est produit. On a pourtant annoncé les Mousquetaires de la Heine., mais vous savez combien ma maudite névralgie me rond rebelle à la musique, quelque bonne qu'elle soit. Je n'ai donc [las pu entendre le chef-d'œuvre d'IIalévy, et je le regrette.

On m'a affirmé que mademoiselle Mouilleron était ravissante dans le rôle de Berihe de Simiane ou d'Athènais de Solangcs, je ne sais pas au juste. Si ma vue se

rétablit d'ici à quelque temps, j'irai certainement voir mademoiselle Mouilleron.

Vous avez appris sans doute que Ligier était venu donner quelques représentations. Sans la chaleur étouffante qui s'est produite la semaine dernière, j'eusse été un des premiers à applaudir notre éminent tragédien ; malheureusement je ne puis rester un quart d'heure dans une salle de spectacle sans éprouver aussitôt des bourdonnements d'oreilles. — Mais j'ai entendu dire au café que Ligier avait été admirable dans les Enfants d'Edouard et dans Loiiis XL Je n'en doute pas, ni vous non plus, je pense.

On lit ici votre journal avec beaucoup d'intérêt, à cause de la vérilé et de l'impartialité de ses comptes rendus. Venez donc à Agen, vous y serez reçu à bras ouverts : vous devez vous souvenir qu'à mon dernier voyage à Paris, il y a quatre ans, vous m'avez promis cette visite. — En attendant l'exécution de votre promesse, je continuerai, comme par le passé, à vous tenir avec exactilude au courant de tout ce qui se passera de nouveau sur notre théâtre.

Bardou arrive dans quelques jours; comptez sur une lettre de moi, — à moins que mes arbres fruitiers ne me retiennent plus longtemps que je ne le voudrais à la campagne.

Mes civilités à vo're belle-sœur.

G. A. Ladevèze.

ll'i THÉÂTRE DU FIGARO

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