‹ Théatre du Figaro. Avec un rideau dessiné (volume 2)Chapitre 50 sur 77 · M. LAMBERT THIBOUST, M. PONSARD · texte numérisé non relu

M. LAMBERT THIBOUST, M. PONSARD

UN VALET DE CHAMURE, annonçatit. — Monsieur Ponsard !

M. LAMBEni TiiiDousT. — Pas possiblc ! {Se levant.) Que bénis soient les dieux qui m'envoient un pareil hôte! Mon humble toit va se changer en temple.

M. ro.NSARD. — C'csl liicii, c'cst bicu, ma vieille. M. LAMBERT THiBousT, à part. — Sa vieille? {Inquiet.} Est-ce à monsieur Ponsaid... Francis ou François l'onsard... que j'ai riionneur de parle! ?

m. pojNSARD. - Allons, ne me faites pas poser. M. r.AMBERT THIBOUST, iiisistant. — i/auteur de Lucrèce et iV Agnès de Méranie ?

M. l'OiNsARD. — Eh non ! m )ii cher bon, mon excellent bon, — l'auteur de Ce qui plait aux Dames.

M. LAMBERT TuiBOiîST, avec îui souHre. — Une infidélité à Melpomène.

M. PONSARD. — Melpomène... Philomèlc... n'allez-voiis pas finii? Quand je vous dis (]ue j'ai dépouillé le vieil homme !

M. LAMBERT THIBOUST. — Âvez-vous veudu sa peau, au moins?

M. PONSARD. — Ah! c'est un mot! — Peau de l'ours, n'est-ce pas? — Tètebleuî vous êtes déleclable, mon cher!... Eh bien! c'est justement pour faire des mois que je viens vous trouver. Vous vous y entendez, je le sais; vous avez le truc, comme on dit au café des Variétés. Il faut que nous fassions quelque chose ensemble !

M. LAMBERT THiEOusT, épouvauté . — Uuc tragédie! M. po.NsARD. — Là, l'i, qui diable vous parle de tragédie'.' La tragédie est coulée, mon bon. C'est une affaire réglée. — Asseyons-nous sur Agamemnon et n'en prions plus.

M. LAMBERT THiBousT. - - Asseyons-iioiis suF Agameiiv non, je le veux bien.

M. PONSAHD. — C'est un vaudeville que je viens vous proposer, une pochade, quelque chose de rigolo.

M. LAMBERT THIBOUST, StUféfait. — RigOlo !

M. PONSARD. — Vous compreuez, pas vrai? — Depuis mon prodigieux succès chez Lurine, tous les directeurs veulent avoir des petites machines de moi. Les Cogniard entre autres, et puis Tom Harel, des Folies. Il y a aussi M. Gil Pérès qui est venu avant-hier me demander un rôle.

M. LAMBERT THIBOUST. — Gil Pérès cst allé chez vous?

M. FONSARD. — Oui, avcc M. Hyacinthe; ce sont deux bien dignes jeunes gens.

5i. LAMBERT THIBOUST, il fcirt. — 0 lua tèto ! lua lète!

M. PONSARD. — J'ai l'idée que nous trouverons de bonnes balançoires. — Moi, d'abord, je suis un Gaulois, vous savez; je ne recule pas devant la plaisanterie un peu salée. Rappelez-vous mes cochons, dans Ulysse. — Vous me donnerez à traiter les situations égrillardes, les personnages excentriques. Hein! vous avez vu, dans le premier acte de ma féerie, comme j'entends le grotesque. Riait-on assez du monsieur représenté par Saint-Germain ! — J'avais trouvé cette cascade-là tout seul, pourtant. — Ah çà! quand nous mettons-nous en besogne?

UN VALET DE CHAMBRE, entrant, une carte à la main. — Mon.sieur. ..

M. LAMBERT THIBOUST. — Qu'v a-t-il, Jc'.m?

LE VALET DE CHAMBRE. — C'est quelqu'iiii qiii voudrait parler à monsieur

M. LAMBERT THiBov&T, jetatit Us yeux sur la carte et aissant échapper un mouvement de surprise. — Bah !

M. PONSAHD. — Je vous dérange peut-être, mou cher hon?

M. LAMBERT THiBOUsT. — Fas du tout; entrez seulement dans ce cabinet, — à droite du spectateur. — C'est votre éducation qui commence.

M. poNs.ARD. — Dans le cabinet, à droite... c'est charmint! — Puis-je écouler?

M. LAMRERT THIBOUST. — Parbleu !

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