‹ Théatre du Figaro. Avec un rideau dessiné (volume 3)Chapitre 47 sur 74 · SCÈNE PREMIÈRE H. LAMBERT THIBOf^T, M. PONSARD · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE H. LAMBERT THIBOf^T, M. PONSARD

UN VALET DE CHAMBRE, annofiçant. — Monsieur Ponsard!

M. LAMBEnT THiBODST. — Pas possible ! (Se levant,) Que bénis soient les dieux qui m'envoient un pareil hôte ! Mon humble toit va se changer en temple.

M. po^sARD. — C'est bien, c'est bien, ma vieille.

M. LAMBERT THiBousT, à paH. — Sa vieille? (Inquiet.) Est-ce à monsieur Ponsard... Francis ou François Ponsard... que J'ai Thonneur de parler?

M. poNSABD. ~ Allons, ïïc mc faites pas poser.

M. LAMBERT THiBousT, insistatit. — L'autcuT de Lucrèce et à^ Agnès de Méranie ?

M. PONSARD. — Eh non ! mm cher bon, mon excellent bon, — Fauteur de Ce qui plaît aux Dames,

M. LAMBERT TiiiBorisT, avec un souHre. — Une infidélilé à Melpomène.

M. PONSARD. — Melpomène... Philomèle... n allez-vous pas finir? Quand je vous dis cjue j'ai dépouillé le vieil homme I

u. LAMBERT THIBOUST. — Avcz-vous vcndu sa peau, au moins?

M. poNSARD. — Ah! c'est un mot! — Peau de l'ours, n'est-ce pas ? — Têtebleu î vous êtes déleclable, mon cher !... Eh bien ! c'est justement pour faire des mots que je viens vous trouver. Vous vous y entendez, je le sais; vous avez le truc, comme on dit au café des Variétés. Il faut que nou» fassions quelque chose ensemble !

M. LAMBERT THIBOUST, éfouvanté. — Duc tragédie!

M. PONSARD. — Là, là, qui diable vous parle de tragédie? La tragédie est coulée, mon bon. C'est une affaire réglée. — Asseyons-nous sur Agamemnon et n'en par-- Ions plus.

M. LAMBERT THiBOusT. - • Asseyons-Hous suF AgaiTîeninon, Je le veux bien.

M. PONSARD. — C'est un vaudeville que je viens vous proposer, une pochade, quelque chose de rigolo.

M. LAMBERT THIBOUST, StUpéfuit. — RlgOlO !

M. poNSARD. — Vous compreucz, pas vrai? — Depuis mon prodigieux succès chez Lurine, tous les directeurs veulent avoir des petites machines de moi. Les Cogniard entre autres, et puis Tom Harel, des Folies. Il y a aussi M. Gil Pérès qui est venu avant-hier me demander un rôle.

M. LAMBERT THIBOUST. — Gil Pèrès cst allé chez vous?

M. PONSARD. — Oui, avec M. Hyacinthe; ce sont deux bien dignes jeunes gens.

M. LAMBERT THIBOUST, à part. — ma tête! ma tête!

M. PONSARD. — J'ai ridée que nous trouverons de bonnes balançoires. — Moi, d'abord, je suis un Gaulois, vous savez; je ne recule pas devant la plaisanterie un peu salée. Rappelez-vous mes cochons, dans Ulysse, — Vous me donnerez à traiter les situations égrillardes, les personnages excentriques. Hehi! vous avez vu, dans le premier acte de ma féerie, comme j'entends le grotesque. Riait-on assez du monsieur représenté par Saint-Germain ! — J'avais trouvé cette cascade-là tout seul, pourtant. — Ah çà! quand nous mettons-nous en besogne?

UN VALET DE CHAMBRE, entrant, une carte à la main, — Monsieur...

M. LAMBERT THIBOUST. — Qu'y a-t-il, Jean?

lUO THËATRË DU FIGARO

LE VALET DE CHAMBRE. — C'est quclqu'uii qui voudrait parler à monsieur

M. LAMBERT THiBOosT, jetant Ics yôux sur la carte et aissant échapper un mouvement de surprise, — Bah !

M. poMSARD. — Je vous dérange peut-être, mon cher bon?

M. LAMBERT THIBOOST. — Pas du tout; cntrcz seulement dans ce cabinet, — à droite du spectateur « — C'est votre éducation qui commence.

M. PONSÀRD. — Dans le cabinet, à droite... c/est charmant! — Puis-je écouter?

M. LAMBERT THIBOUST. — ParWeUj!

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