‹ Théatre du Figaro. Avec un rideau dessiné (volume 4)Chapitre 28 sur 70 · DE SAINT-JOLES A ENGOULEVENT · texte numérisé non relu

DE SAINT-JOLES A ENGOULEVENT

« Paris, 3 août 186J.

« Monsieur, « Je ne me méprends pas sur le sentiment fort honorable, à votre point de vue, qui a diclé voire lettre. Mais il m'est impossible d'en accepter les conclusions,

VOUS le comprendrez facilement. D importe à noire dignité conunune que cette affaire ait son cours naturel. Vous voulez m'épargner, cela est visible. Rassurezvous, monsieur, j*ai mis à profit, autant que possible, chez Gâtediair, le laps de 1 emps que je dois à votre condescendance; et quelle que soit votre supériorité, j*ai la hardiesse de croire que vous ne vous Irouverez pas en présence d'un adversaire trop indigne de vous.

« Mes témoins demeurent donc, plus que jamais, à la disposition des vôtres.

« Je vous prie, monsieur, de recevoir l'expression de ma considération parfaite.

« Saint-Jules. »

D ENGOULETENT A SAINT- JULES.

« Val-du-Paradis, 6 août 18 9.

« Monsieur, « Vous m'avez fait manquer un mariage superbe. Vous m avez empêché de tripler mes capitaux. Je ne vous demande plus rien. Je garde mes deux giffles. Laissez-moi tranquille.

a Engoulevent. »

DE SAUIT-JULBS A ENGOULEVENT.

«Paris, le 8 août 1859.

tt Monsieur, « Je ne puis faire autrement que d'accepter les étranges conclusions de \otre dernière lettre. Vous me permettrez cependant de vous en renvoyer quelques termes. — Vous prétendez que, par ma demande d un délai de trois mois, je vous ai porté un préjudice de diverses sortes. Comptez-vous donc pour rien, monsieur, les désordres profonds dont mon existence se ressent aujourd'hui? J'étais, il y a trois mois, un honnête négociant ; vous avez fait de moi un libertin. J'ai des maîtresses et je n'ai plus d'argent. Je ne vous parle pas de ma santé compromise dans de nombreux adieux au monde, adieux désormais entachés de ridicule par votre détermination. Je vais ressembler à ce monsieur qui, après avoir pris congé d'une compagnie, rentre un quart d'heure après au salon en disant qu'il a oublié sa canne. Préparé à la mort, comme je l'étais, vous me rejetez dans la vie. Croiriez-vous, par hasard, me rendre service?

« Vous avez détruit mon avenir; au besoin, je pourrais vous demander de me faire une rente. J'espère, du moins, que vous aurez la délicatesse d'acquitter la note ci-incluse.

« DOIT «OKSISUR 8AIKT-JULES A GATBCBAIB, PROTESSEUR d'eSCRIVE l

a Trois mois de leçons ordinaires et extraordinaires,

tant de jour que de nuit 500 fr.

c Un mois supplémentaire 200

« Fomni à M. Saint-Jules une paire de fleurets, un masque, un gilet, des gants, des sandales, le tout en première qualité 100

800 fr.

(T Dans cette espérance, monsieur, je consens encore à Yous saluer.

« Saikt-Joles. 1»

YOYÂGE DE DEUX DEBITEURS

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