‹ Théatre du Figaro. Avec un rideau dessiné (volume 4)Chapitre 9 sur 70 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

LANDRY, revenant vers Boxirdensac, qui est re^é appuyé contre une home. — Bourdensac, mon ami, tout est fini, tout est arrangé. Venez.

DE BOURDENSAC. — >Mé...lanie? où est Mêla. ..nie?

LANDRY. — Mélanie est partie. C'était une personne indigne de vous, Bourdensac. Donnez-moi votre bras.

DE BOURDENSAC. — Je vcux tucr... Mélanie.

LANDBY. — Oui, nous luerous Mélanie; c*est convenu. (A part.) Dans quel état, grand Dieu! Sa voix en est

toute changée. (HatU.) Voyons, mon cher Bourdensac, du calme. Votre bras, là. Il s'agit de ne pas manquer le chemin de fer.

DE lîoORDENSAC. — Je tuerai Mé...lanie!

LvxDRY. — Parbleu! je Tentends bien de la sorte. {A part.) Un homme de son rang, s'enivrer à ce point; c'est inimaginable. (HatU.) Allons, relevez-vous, Bourdensac. Ne craignez pas de vous appuyer sur moi... comme cela... bien!

DE BouRDENSAc. — Vous êtos uu bou jeune homme, vous; je ne vous connais pas, mais vous êtes .. un bon jeune honrnie.

LANDRY. — Comment! vous ne me reconnaissez pas? C'est moi, Landry, moi... vous savez, Landry... les mille écus... demain...

DE BouRDENSAG. — Mille écus, jc veux bien... pour Mélanie.

LASDRY, à part. — C'est étonnant ! on dirait une autre voix... [Haut.) Bourdeiisac, vous m'effrayez; je crains que vous n'ayez été victime de quelque guet-apens. Répondez-moi : votre portefeuille, l'avez-vous toujours?

DE BooRDExsAC. — Pas deportofeuille... le portefeuille et moi, brouillés à mort... rincé le portefeuille... perdu dans les révolutions !

LA^DRY, tivublà. — Vous voulez plaisanter, sans doute, Bourdensac?

DE BOUADEHSAC. — Jo ne plaisaute qu'avec Mélanie...

3i TIIKATRE DU FIGARO

parce que Mélanie... vous comprenez, n'est-ce pas?

LAKDRT. — Oui, Bourdensac.

DE BOURDEMSAC. — Pourquoi m'appelez-vous toujours Bourdensac?

LANDRY. — Hein?

DE BOURDEifSAG. — Je lui rcsscmble, c'est vrai... on me l'a déjà dit... mais je suis mieux... infiniment mieux. Allons au chemin de fer.

LANDRY, lui lâchant le bras. — Vous ne seriez pas Bourdensac?

DE BOURDENSAC. — Jamais... moi, Edgard.

LANDRY. — C'est impossible! (Il cherche à V amener sous un réverbère,)

LE FADx BOURDENSAC. — Mais si Cela vous fait plaisir, appelez-moi Bourdensac tant que vous voudrez... ne vous gênez pas. Je m'y ferai.

LANDRY, V examinant de très-près. — Miséricorde! ce n'est pas lui, en effet... et j'ai suivi cet ivrogne pendant douze heures!... Oh!

LE FAUX BOURDENSAC. — Appelcz-moi Bourdousac, ou je croirai que vous êtes fâché.

LANDRY, hors de lui, — Va -t'en au diable ! (Il se sauve dans la direction du chemin de fer.)

LE FAUX BOURDENSAC. — Mol, Edgard.

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