SCÈNE II LES MÊMES, H. LATODR (SAIKT-TBARS
M. LATODR SAINT-YBARS, entrant d*un air mystérieux; à part. — Il est seul. {Haut.) Vous êtes bien monsieur Lambert Tbiboust?
M. LAMBERT TuiBousT. — Oui, monsieur; et vous, monsieur Lat...
M. LATOCR (sAiKT-TBARs). — Chut ! parlous bas ; on pourrait surprendre notre conversation. Vous devez savoir ce qui m'est arrivé, en compagnie d'un journaliste, devant la fontaine de la place Louvois?
THfiATRE DU FIGARO iCl
M. LiMBEBT THiBOosT. — J'en ai eu quelque vent.
M. poNSARBy entr*auvrant la porte du cabinet. — Ah ! mon Dieu! c'est Saint-Latour! Qu'esl-ce qu'il vient Taire id?
H. LATOun (sAiKT-TBARs). — Ha vie est semëè d'envbôches; on veut m'arrêter d^ns ma carrière. Hais je serai plus fort que mes ennemis, — voyez-vous, ma vieille!
LAMBEM THiBousT, à part. — Lui aussi !
■. LATooR (sAiRT-TBARs). — On vcut me fermer le chemin de la comédie ; soit, je prendrai le sentier du vaudeville.
M. LAMBERT THiBousT. — Très-joUc image !
M. LAToiTR (sAiRT-TBARs). — A propos dc jolie image, ave2-vous vu ma petite Folle?
M. LAMBERT THIB0U8T. ^ QuelIC petite folIc?
M. LATOVR (SAIHT-TBARS). — La FolU du lOjftS, BU Gvm-
nase.
M. LAMBERT THiBODST. — J'en ai cu quelquc vent.
M. poMSARD, entr'ouvrant la porte du cabinet. — Lambert se répète... mais c'est un moyen d*hilari(é. Surprenons les secrets de la rampe.
M. LATOUR (sAiNT-TBARs). ~ Eh bien! plus de Folle du logis; ils Tont supprimée, mon petit!
M. LAMBERT THIBOUST. — Et Ics dieui u'out pas lonué? Jupin n'a pas saisi ses carreaux?
M. LATOUR (sATMT-YBARs). — Ah! les dioux ! » A Chaillot, les dieux! (Jlf. lanibert Thiboust s incline.) Je ne
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crois plus à l'Olympe. Je ne croîs qu'au thèfttre du Palais-Royal. J'y étais hier encore.
M. UMBERT THiBOosT. — En catiiuini?
M. LATODR (sAiNT-YBARs). — On joualt VOS MénuAres de Mitni Bamboche, C'est déplorable, mais cela m*est égal. J'ai juré d'en faire autant, — cela ne doit pas être difficile. Chez nous, à Saint-Ybars, nous avions autrefois une société d'amateurs qui s'amusaient à faire des vaudevilles. On se mettait cinq ou six autour d'un bol de punch, et quand le punch était fini, il fallait que le vaudeville fôt terminé.
M. LAMBERT THIBOOST. — Oui, c'cst la vieilIc manière. Nous ne serons pas cinq ou six, mais nous serons trois, si vous le permettez ; vous, moi et...
M. LATODR (saint- YBARs). — Jc sais... Un confiseur avec lequel vous travaillez habituellement.
H. LAMBERT THiBousT, souHant, — Cc ue scra pas, cette fois, le confiseur. — Notre nouveau collaborateur est là ; (il indique le cabinet) il pioche.
M. POKSARD, refermant vivement la porte du cabinet. — Qu'est-ce qu'il dit donc?
M. LATOUR (saint- YBARs). — Ah ! il cst là? — Soycz tranquille, s'il pioche, je bûcherai, moi. Je suis du Midi, comme Bardou et Granier de Cassagnac.
LE VALET DE cHAMitRE, entrant. — Une lettre pour monsieur.
M. LAMBERT THiBousT. — Doune. {A M. LotouT {Soint- Ybars,) Vous permellez? «
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>. UTOUB (sàiRT-YBABs). — Comment donc! Il me tarée de donner Fessor à ma verve désopilante. (/{ parcourt la diambre en fredonnant.)
M. UMBERT TfiiBoiisT, reçordont la signature. — De M. Tiennet! — Il m'avertit de sa visite. Je la trouve forte, celle-là. (A M, Latour (Saint-Ybars). Entrez, s'il TOI» plaHy dans ce cabinet, — à gauche du spectateur.
— Je vous enverrai dans quelques instants votre part de travail.
M. lATOOB (sAiiiT-TBXRs). — Déjà? Surlout ne me confiez qne des scènes de la plus stricte décence. Je {sois enjoué, mais chaste. (// entre dans le cabinet,)
M. ukHBBRT THiBoosT. — Soyez traoquiUe. Justement ?otre collègue a réclamé pour lui les scènes de badinage.
M. LATOUR (sAiNT-TBARs), vouvrant la porte du cabinet.
— G>ucoa !
B. LâHBBRT THiBOusT. — Ah! farccur! Très-bien. Yoos êtes dans l'esprit de votre état. Vous me rappelez Sâinville, — avec de la barbe. [M. latoiir (Saint-Ybars) referme la porte du cabinet.)