‹ Théâtre du Petit Château. IllusChapitre 48 sur 90 · LA SCANDINAVIE · texte numérisé non relu

LA SCANDINAVIE

C'est qu'il fait bien froid chez moi, ma chère petite. Demande plutôt aux voyageurs qui sont allés en traîneau dans les solitudes glacées de la Laponie, emportés par les rennes qui vont chercher sous la neige le lichen dont ils se nourrissent.

M. JE AN — B APTIS TE , cherchant toujours dans son livre.

Décidément, cette Scandinavie est introuvable ; mais

nous n'y perdrons rien : nous allons voir la Hollande, (n dicte.) « La Hollande comprend dix provinces : 1° Overyssel, chef- lieu Zwolle, 13,000 habitants; Deventer,

11,000 habitants. » (La fée étend sa baguette, la Hollande parait.) LA FÉE.

Je vous présente, mes petits enfants, la patrie de Rembrandt, de Paul Potter et de Téniers, les maîtres de l'école hollandaise dont vous entendrez parler plus d'une fois. Là vit un peuple énergique et patient qui commença sa fortune au moyen âge en salant le hareng, qui tint tête lui tout seul à Louis XIV, au fort de sa puissance, et qui eut l'empire des mers avant les Anglais. Là, tu verras de grasses prairies sillonnées d'innombrables canaux, et les seules villes vraiment propres qui soient sur la terre.

LA HOLLAXDE.

Il ne faut pas non plus oublier mes digues. Je suis le seul pays du monde où les vaches soient plus basses que les poissons.

Il . J E A N"*B A PTI 8 T B , reprenant sa dictée.

« Deventer, 11,000 habitants. »

MARIE

Est-ce bien sûr, monsieur Jean- Baptiste?

M. JEAN-BAPTISTE

C'est dans le livre, mademoiselle!... Mais voyez-vous cette petite raisonneuse!

PAUL

Est-ce vrai, monsieur Jean-Baptiste, qu'il y a des belles vaches en Hollande?

M. JEAN-BAPTISTE

Monsieur Paul, je n'aime pas qu'on plaisante à ma leçon. Pour vous punir, nous allons passer à la Grande- Bretagne, (n dicte.) « L'Ecosse a de nombreux promontoires : le lac Duncansby, le cap Wrath au nord-ouest. »

PAUL, à la fée.

Et vous, madame la fée, que nous direz-vous de l'Ecosse ?

LA FÉE

La voici.

L' ECOSSE parait.

C'est moi qui ai fourni à Walter Scott les meilleurs sujets de ses romans si amusants, et à l'Angleterre ces beaux soldats en jupons qui sont allés en Crimée avec les vôtres, et que votre maman vous a achetés.

PAUL

Oh! je me rappelle bien, (a m. Jean- Baptiste.) Monsieur Jean-Baptiste, pourquoi donc les soldats écossais ont-ils des jupons?

M. JEAN-BAPTISTE

C'est insupportable ; nous ne pouvons rien faire de sérieux aujourd'hui. Il paraît qu'un seul pays ne suffit

pas pour fixer l'attention de ces enfants-là. Nous allons en prendre deux à la fois, l'Espagne et l'Italie. Écrivez. (11 cherche dans son livre.) Attendez un petit instant, je ne trouve pas la page.

(La fée étend sa baguette. L'Espagne et l'Italie paraissent.)

l'italie.

Je suis le pays du soleil et des beaux-arts, le pays des volcans et des vieilles ruines. Du temps qu'il y avait un empire romain, je commandais au monde.

MARIE

Gela ne m'intéresse pas beaucoup. J'aimerais mieux autre chose.

l'italie.

Eh bien ! c'est moi qui ai inventé le macaroni.

MARIE

Oh ! cela, c'est très-bon au gratin.

l'espagxe.

Et moi, ma petite fille, c'est moi qui vous envoie les belles oranges du jour de l'an, et les bons raisins secs qu'on achète chez l'épicier.

MARIE

A la bonne heure ! voilà un pays qui est amusant. Ils devraient être tous comme cela.

M. JEAN-BAPTISTE

Ah! j'ai trouvé.

Monsieur Jean-Baptiste, nous connaissons maintenant l'Espagne et l'Italie. Ce n'est plus la peine.

M. JEAN-BAPTISTE

Eh bien! soit. Prenons la Pologne et la Russie, (n cherciu-

dans son livre.)

(La fée étend sa baguette. La Pologne et la Russie paraissent.)

PAUL, à la Pologne.

Tiens! j'ai un de mes soldats qui a une chose comme vous sur la tête.

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