SCENE II
LA TISBE y RODOLFO, veto de noîr, sévère, une plame noire an cliapeaa; HOMODEI, ton jours endormi
LA TISBE.
Ah! c'est Rodolfol ahl c'est Rodolfol Viens, je t'aime, toil
JOURNÉE I, SCËNE II. 287
(Se toamant Ten le cAté par où Angelo est sorti.) f
— Non, tyran imbécile, ce n'est pas mon frère, €*est mon amant I —Viens, Rodolfo! mon brave soldat, mon noble proscrit, mon généreux homme ! regarde-moi bien en face. Tu es bean, je t'aime l
RODOLFO
Tisbe.v*
LA TISBE.
Pourquoi as-tu touIu venir à Padoue ? Tu vois bien, nous voilà pris au piège. Nous ne pouvons plus en sortir maintenant. Dans ta position, partout tu es obligé de te faire passer pour mon frère. Ce podesla s'est épris de ta pauvre Tisbe ; il nous tient ; il ne veut pas nous likcher. Et puis je tremble sans cesse qu'il ne découvre qui tu es. Ah I quel supplice ! Oh ! n'importe, il n'aura rien de moi, ce tyran I Tu en es bien sûr, n'est-ce pas, Rodolfo ? Je veux pourtant que tu t'inquiètes de cela \ je veux que ta sois jaloux de moi d'abord.
RODOLFO
Vous êtes une noble et charmante femme.
LA TlSBE.
Oh 1 c'est que je suis jalouse de toi, moi, vois-tu ? mais jalouse ! Cet Angelo Malipieri, ce Vénitien, qui me parlait de jalousie aussi lui, qui s'imagine être jaloux, cet homme ! et qui mêle toutes sortes d'autres choses à cela. Ah ! quand on est jaloux, monseigneur, on ne voit pas Venise, on ne voit pas le conseil des Dix, on ne voit pas les sbires, les espions, le canal Orfano; on n'a qu'une chose devant les yeux, sa jalousie. Moi, Rodolfo, je ne puis te voir parler à d'autres femmes, leur parler aeulement, cela me fait mal. Quel droit ont-elles à des paroles de toi? Oh I une rivale! ne me donne jamais une
^88 AHGELO.
rivale ! J€ la tocraîs. Tiens, je t'aille I to es le seul bomme 411e j'aie jamais aimé. Ma ¥Îe a été triste longtemps ; elle fayonoe maintenant. Ta es ma lumière. Ton aaKKir, c'est «n soleil qni s'est levé sur moL Les aolres konmies m'avaient glacée. Qiie né t'ai-je conna il j a dix ans? il me semble que toutes les parties de mon cceur qui sont mortes de froid vivraient encore. Quelle joie de pooToir être seuls un instant et parler l Quelle folie d'être Tenus k Padonel Nous vivons dans une teHe eontrainEte! Mon Rodc^fo I oui, pardîen ! e^est mon amant ! ah bien oui ! 4non frère t Tiens, je suis folle de joie quand je te parie il mon aise; tn vois bien que je suis foUe I M'airaes-tu?
BODOLFO.
Qni ne vous aimerait pas, Tisbe?
LA TISBE.
Si vous me dites encore vous, je me fâcherai. O mon Dieu I il faut pourtant que j'aille me montrer un peu à «nés conviés. Dis-moi, depuis quelque temps je te trouve l'air triste* N'est-ce pas, tu n'es pas triste?
BODOLFO.
PfoD, Tisbe.
LA TISBB.
Tu n'es pas souffrant?
BODOLFO.
IfOD.