A1I6ELO
Allez-\ous manquer de courage, madame ?
CATARINA
Mourir tout de suite comme cela ! Mais je n*ai rîenK'iit qui mérite la mort, je le sais bien, moi ! Monsieur I moa^sieur ! encore un jour I non, pas un jour ! je sens que je n'aurais pas plus de courage demain^ Mais la vie 1 Lais> sez-moi la vie I Un cloître I Là, dites, est-ce que c'est vraiment impossible que vous me laissiez la vie ?
ANGELO
Si. Je puis vous la laisser, je vous l'ai déjà dit, à une condition.
Laquelle ? Je ne m'en souviens plus.
AlfGELO.
Qui a écrit cette lettre? dites-le«-rooi« rïommez-moi l'homme ! livrez-moi l'homme.
CATARINA, M tordant les mains.
, Mon Dieu !
ANGELO
Si vous me livrez cet homme, vous vivrez. L'écha-
JOURNÉE m, PARTIE I, SCÈNE III. 3451.
faud pour lui, le couvent pour vous, cela suffira. Décidez -vous.
CATAEIWA.
Mon Dieu!
ANGELO
Eh bien I vous ne me répondez pas ?
CATARIVA*
si} je vous réponds* Mon Diea !
ANGELO
Ohl décidez-vous, madame.
CATABINA.
J*ai eu froid dans cet oratoire. J'ai bien froid.
Ecoutez. Je veux être bon pour vous, madame* Vous avez devant vous une heure, une heure qui est encore à vous, pendant laquelle je vais vous laisser seule. Personne n'entrera ici. Employez cette heure à réfléchir. Je mets la lettre sur la table. Écrivez an bas le nom de Thomme, et vous ètâi sauvée* Catârîna Bragadini! c'est une bouche de marbre qui vqus parle, il faut livrer cet homme ou* mourir* Choisissez. Vous avez une heure. '
CATARIlfA.
Ohl... un jour!
Une heure.
ANGELO
(UMft)
im ANGELO.