‹ Théâtre du Petit-Château (volume 2)Chapitre 132 sur 147 · CATARINA, RODOLFO · texte numérisé non relu

CATARINA, RODOLFO

CATÀRIIIÂ, à part.

Gel! Rodolfo 1

ROOOLFO, accoarant.

Oui, Catarina/ c'est moi, moi pour un instant. Tu es seule. Quel bonheur 1... — Eh bien! tu es toute pâle! Tu as l'air troublé !

CATARINA

Je le crois bien. Les imprudences que vous faites. Venir ici en plein jour à présent !

RODOLFO

Ah 1 c'est que j'étais trop inquiet. Je n'ai pas pu y tenir.

CATARIIIA.

Inquiet de quoi?

RODOLFO

Je vais vous dire, ma Catarina bien-aimée. ... ^ Ah ! vraiment, je suis bien heureux de vous trouver ici aussi tranquille 1

catariha.

Comment étes-voas entré?

348 Âl^GELO.

BODOLTO*

Jjà def qae ta m'as remise toi*mëme.

CATARINÀ.

Je sab Inen, mais dans le pahàs?

HODOLTO.

Ah ! Yoilà précisément une des choses qui m'inquiètent. Je suis entré aisément, mais je ne sortirai pas de même.

CATARINA

Comment?

RODOLFO

Le capitaine-grand m'a prévenu à la porte du palais que personne n'en sortirait avant la nuit.

CATARINA

Personne ayant la nuit !

(A part.)

— Pas d'éyasion possible I O Dieu!

RODOLFO

Il y a des sbires en travers de tons les passages. Le palais est gardé comme une prison. J'ai réussi à me glisser dans la grande galerie, et je suis venu. Vraiment! tu me jures qu'il ne se passe rien ici?

CATARINA

Non. Rien, rien» Sois tranquille, mon Rodolfo. Tout esLi:ûmmê à l'ordinaire ici. Regarde. Ta vois bien qu'il n'y a rien de dérangé dans cette chambre. Mais va-t'en vite. Je tremble que le podesta ne rentre*

RODOLFO

Non, Catarina, ne crains rien de ce côté. Le podesta est en ce moment sur le pont Molino^ là en bas. Il interroge des gens qu'on vient d'arrêter. Ohl j'étais înauiet«

JOURNÉE in, PASTIE I, SCÈNE VI. 349

Gatarina ! Tout a un air étrange aujourd'hui, la ville comme le pakîs. Des bandes d'arcbers el de oemides vé> lûtieDS parcourent les raes. L'église Saînt-Aiitcnoe est tmidue de noir, et l'on y cbante Tofifice des morts. Pool qui? On l'ignore. Le saTea^TOSs?

CATULDIA.

Non.

EOBOLTOi.

Je n'ai pu pénétrer dans l'église. Is. ville esl frappée de stupeur. Tout le monde parle bas. Il se passe à coup sûr une chose terrible quelcpie part. Où? Je ne sais. Ce Vest pas ici. C'est tout ce qu'il me faut. Pauvre amie, ta ne te doutes pas de tout cela dans ta solitude!

CATiRINA.

Non.

ROOOLFO.

Que nous importe, au reste? Dis, es-tu remise de l'émotion de cette nuit? Oh! quel événement! Je n'y comprends rien encore. Calarina, je t'ai délivrée de ce sbire Homodei. Il ne te fera plus de mal.

CÂTJJIIRA.

Tu crois?

B0IK>LFO.

Il est mort. Gatarina I tiens, déddément ta as quelque chose ! ta as l'air triste I Gatarina 1 tu ne me caches rien? 11 ne l'arrivé rien, au moins? Ohl c'est qu'on aurait ma vie avant la tienne !

CÂTÀMafà^

NoD, il n'y a rien* Je te jnre qo'il n'y a rien. Seule» ment je te vondrus dehors. Je sois effrayée pour toi.

BOftOLVa

Qœ faisais-ta qnand je sots entré?

350 ANGELO

CÀTARINA.

Àh! mon Dieul tranquillisez-vons, mon Rodoifo, je n'étais pas triste, bien au contraire. J'essayais de me rappeler cet air que vous chantez si bien. Tenez, vous voyez, j'ai encore là ma guitare.

RODOLFO

Je t'ai écrit ce matin. J'ai rencontré Reginella, à qui j'ai remis la lettre. La lettre n'a pas été interceptée? Elle t'est bien arrivée?

CATÀRIIIA. \

La lettre m'est si bien arrivée que la voilà.

(Elle lui présente la lettre.) RODOLFO.

Ah! tu l'as I C'est bien. On est toujours inquiet quand on écrit.

Oh ! toutes les issues de ce palais gardées 1 Personne ne sortira avant la nuit I

RODOLFO

Personne. Je l'ai déjà dit. C'est l'ordre.

CATARINA

Allons! maintenant vous m'avez parlé, vous m'avez vue, vous êtes rassuré, vous voyez que, si la ville est en rumeur, tout est tranquille ici. Partez, mon Rodoifo, au nom du ciel ! Si le podesta entrait! Vite ! partez. Puisque tu es obligé de rester dans ce palais jusqu'au soir, voyons, je vais te fermer moi-même ton manteau. Comme cela. Ton chapeau sur ta tête. Et puis, devant les sbires, aie l'air naturel, à ton aise, pas d'affectation à les éviter, pas de précaution. La précaution dénonce. Et puis, si l'on voulait te faire écrire quelque chose par hasard, un es-

pion, quelqu'un qui te tendrait un piège, trouve un prétexte, n'écris pas!

ROOOLFO.

Pourquoi cette recommandation, Gatarina ?

CATARINA

Pourquoi? Je ne veux pas qu'on voie de ton écritufe, moi. G*est une idée que j'ai. Mon ami, vous savez bien que les femmes ont des idées. Je te remercie d'être venu, d'être entré, d'être resté, j'ai eu la joie de te voir. Là, tu vois bien que je suis tranquille, gaie, contente, que j'ai ma guitare là et ta lettre. Maintenant va-t'en vite. Je veux que tu t'en ailles* — - Encore un mot seulement.

I RODOtFO.

Quoi?

GATARINA.

Rodolfo, vous savez que je ne vous ai jamais rien accordé ; tu le sais bien, toi.

ROOOLFO.

Eh bien ?

GATARINA.

Aujourd'hui y c'est moi qui vais te demander. Rodolfo! un baiser!

RODOLFO, la serrant dans ses bras.

Oh ! c'est le ciel !

GATARINA.

Je le vois qui s'ouvre !

RODOLFO

bonheur!

GATARINA.

Tu es heureux ?

RODOLFO

Oui!

3Ôi ANGELO.

CiLTARINA.

A présent sors, moa Rodolfol

RODOLFOl

Aierci.

Aidieii!^ Rodolfol

— ^ Je f aime i

(Rodalfo sort.)

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