ACTE III, SCÈNE I
GCBETTA.
C'est triste et commun. Un homme ruiné, qui épouse une femme en ruine. Chose qui se voit tous les jours.
(Il se met à manger. De temps en temps, quelqaes-nns se lèvent de table et viennent causer sur le devant d^.la scène pendant que Porgie continue.)
LA PRINCESSE NEGRONI, à Mafdo, montrant Gennaro.
Monsieur le comte Orsini, vous avez là un ami qui me paraît bien triste.
MAFFIO
Il est toujours alasi, madame. Il faut que vous me pardonniez de Favoir amené san$ que vous lui eussiez fait la grâce de Finviter. C'est mon frère d'armes. Il m'a sauvé la vie à l'assaut de Rimini. J'ai reçu à Fattaque du pont de Vicence un coup d'épée qui lui était destiné. Nous ne nous séparons jamais. Nous vivons ensemble. Un bohémien nous a prédit que nous mourrions le même jour.
LA NEGRONl, riant.
Vous a*t-il dit si ce serait le soir ou le matin ?
MAFFIO
Il nous a dit que ce serait le matin.
LA NEGRONl , riant plus fort.
Vi^tre bohémien ne savait ce qu'il disait. — Et vous aime i bien ce jeune homme ?
MAFFIO
Autant qu un homme peut en aimer un antre.
LA NEGRONl.
Eh bien ! vous vous suffisez F un à Fautre. Vous êtes heureux !
MAFFIO
L'amitié ne remplit pas tout le cœur, madame.
^6 LUGBEGE BORGIA.
LA nSGBONI.
MoD Dieu I qu'est-ce qui remplit toat le cœur ?
MAFFIO
L'amour.
LA NEGROni.
Vous avez toujours l'amour à la bouche.
MAFFIO
Et TOUS dans les yeux.