FAB^VI
Si vous'me dénoncei, je vous dénencci On me croira
JOURNÉE I, SCÈNE VII. i71
plutôt qae vous. En tous cas, les chances sont inégales. Quatre sous d'amende pour moi , la potence pour vous.
GILBERT
Pas de témohis! pas de preuves I Oh ! ma tête s'égare. Le misérable me tient, il a raison.
Vous aiderai-je à jeter le cadavre à l'eau?
GILBERT
Vous êtes le démon.
FÀBUIfl.
(Gflbert prend le corps par la tête, Fabiano par les pieds ; île le porteaft jnsqa'an pampeC.)
Oui. — Ma foi, mon cher, je ne sais plus au juste lequel de nous deux a tué cet homme.
(Us descendent derrière le parapet) FÀ1IIA.1II, reparaissant.
Voilà qui est fait. — - Bonne nuit, mon camarade, allez à vos affaires.
(11 se dirige vers la maison et se retourne, Tajont qne Gilbert le suit.)
— Hé i>ien! que voulez- vous? quelque argent pour votre peine? en conscience, je ne vous dois rien; mais, tenez.
(n donne sa bourse à Gilbert, dont le premier mouvement est on igBSto de refti», «t qw aeoqptt easoltt dt Tair d*Mn. boaoM qui se ravise.)
— Maintenant, allez- vous-en. Ué bien! qu'attendez-vous encore?
GILBERT
Rien.
FABIAm.
Ma foi , restez là n bon vons semble. A vcms la belle étoile, à moi la belle fille. Dieu vous garde I (n se dirige ^iw la ports de laaniaB «tpalt'sedliaposar à TeaTiir.)
GILBERT
OÙ allez- VOUS ainsi?
FÀBIÀNI.
Pardieu ! chez moi.
GILBERT
Comment, chez vous?
FABIANI
Oui.
GILBERT
Quel est celui de nous deux qui rêve ? Vous me disiez tout à l'heure que l'assassin du Juif c'était moi, vous me dites à présent que cette maison- ci est la vôtre.
FABIANI
Ou celle de ma maîtresse, ce qui revient au même.
GILBERT
Répétez-moi ce que vous venez de dire.
FABIANI
Je dis, l'ami, puisque vous voulez le savoir, que cette maison est celle d'une belle fille nommée Jane, qui est ma maltresse.
GILBERT
Et moi je dis, mylord, que tu mens! je dis que tu es un faussaire et un assassin, je dis que ta mère a été souffletée en place publique par le bourreau, et que je prendrai ta tête entre mes deux mains, vois-tu, et que je te couperai ta langue avec tes dents!
FABIANI
Là^ là. Quel est ce diable d'homme?
GILBERT
Je suis Gilbert le ciseleur. Jane est ma fiancée.
FABIANI
Et moi, je suis le chevalier Aymas Pawlett. Jane est ma maltresse.
GILBERT
Tu mens, te dis-je I tu es lord Glanbrassil , le favori de la reine. Imbécile qui croît que je ne sais pas cela !
FABIANI, â part.
Tout le monde me connaît donc cette nuit I — Encc re un homme dangereux, et dont il faudra se défaire !
GILBERT
Dis-moi sur-le-champ que tu as menti comme un Iftche, et que Jane n'est pas ta maîtresse.
FABIANI
Connais -tu son écriture?
(I! tire on billet de u poche.)
— Lis ceci.
(A part, pendant que Gilbert déploie conyukîvemeot le papier.)
«* Il importe qu'il rentre chez lui et qu'il cherche querelle à Jane, cela donnera k mes gens le temps» d'arriver.
GILBERT, lisant.
« Je serai seule cette nuit, vous pouvez venir. » ^- Malédiction ! mylord, tu as déshonoré ma fiancée, tu es un infâme! Rends* moi raison!
FABIANI , mettant Tépée k la main.
Je veux bien. Oii est ton épée?
GILBERT
rage ! être du peuple ! n'avoir rien sur soi, ni épée, ni poignard 1 Va, je t'attendrai la nuit au coin d'une rue, et je t'enfoncerai mes ongles dans le cou, et je t'assassinerai, misérable !
174 MARIE TUDOa.
FABIANI
Lày là, ▼oas êtes Tiokent, non oamatade*
GILBERT
Ohl mylord! je me Tcngenûde toi!
FABiAin.
Toil te venger dé moi f toi si bas, moi si faxnt! ta es
fou! je t'en défie.
GILIKRT»
Tu m'en défies?
FA.BXÀ1II.
Oui.
Tu verras!
FABlÀNIt k part.
Il ne faut pas que le soleil de demain se lève pour cet homme.
(Haut.)
— L^amii crots-moi, rentre chez toi. Je suis fâché que ta aies découvert cela ; mais je te laisse la belle. Mon intention n*était pas de pousser l'amonrette plus loin. Rentre chez toi.
(Il jette «ne cl«f aux pie«b de Gilbcrt.)r
— Si ta n'as pas de clef, en voici une. Ou, si ta Faimes mieux, tu n'as qu'à frappa quatre coups contre ce volet; Jane croira que c'est moi, et ^le t'ouvrira. Bonsoir.
(11 sort.)
JOURNÉE I, SCENE VIII. *i:5