‹ Théâtre du Petit-Château (volume 2)Chapitre 93 sur 147 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

LA. REINE, SIMON RENAMD, Maître ÉNEAS lORD CLINTON, ixa^ Birm xéhadt», seigneurs, PAGES, efic.

LA REINE, bas a maître Éneas*

Fabiani est-il évadé?

MAtTRE £n£A8.

Pas encore.

LA REINE

Pas encore r

(Elle le regarde fixement d'un air terrible.) MAITRE ÉNEAS, â part.

Diable!

CRIS DU PEUPLE, au dehors.

Mort à Fabiani !

Il faut que VotreMajesté prenne un parti sur-le-champ, mat^ame. Le peuple veut là mort de cet homme. Londres est en feu-, La tour est investie. L'émeute est formidable. Les noBFes de ban ont été tailTésen pièces au pont de Londres. Les pensionnaires de Votre Majesté tiennent encore; mais Votre Majesté n'en a pas; moios été tra^ qaéé die* rue en rue, depuis Ta maison de ville Jusqu'à la Tour.. Le& partisans de madame Élisabetb S60i£ iiaèlés au peuple. On sent qv^vk sont là , a la malignité de rémeule. Tout cela est sombre. Qu'ordonne: Votre Majesté!

JOURNÉE m, PARfI£ I, SCÈNE IX. 231)

CJLE8 99 PBClSdl.

Faààmii Mont à FaUasil

(Us grossissent et se rapprodient de plus en plus.)

Jfkm k 'Fat)»»! M|fioiiâsy «nDe&ti«Mro«s *w yenple qai k«4e? Il fovft 4ai jeler un iioiiBiiie. La popaiaoe woit à manger.

Qa'ordonne VotK Majesté?

LA RKiirs,

P^ardieu, mylords, woos tremlAeB ttios ftotovr de vioi^ il ne semUe. Sur non ime, iaat-il cpat ce soitimefeiDiDe <fm TOUS enseigiie Totxe mélâer'de geedilsksianies? A •cheval, myiorAs, à die^ai. Est^^e que la ctoaHIe irons intimide? Est- œ qoe les épées ont peor des bâtons

WHON REHARB.

Ne laisses pas les choses aller pins loin. Cèdes, madame, pendant qa'il est tetnps encore. Tons pouTez encore dire ia canaille, dans nne heare vous seriez obligée 4e dire le pes^de.

(Les cm radoMblent, ^e lirait ee rBppn»die.J

Là. reaub.

Dans une hearel

SIMON RENAED, allant k lit galerie et revenant.

Dans un quart d'heure, madame. Voici que la première enceinte de la Tour est forcée. Encore un pas^tle pei]4)le est ici.

LE fEUVLfi.

A la Taw! à laTourl Fabiani ! mort à Fahîanil

LA RBIRX.

Qu'on a bien raison de diiv qa« c*est une horrible chose que le peuple ! Fabiano I

SIMON RSNAItD.

Voulez- VOUS le voir déchirer sous vos yeux dans un

instant?

tA rbihe.

Mais savez-vous qu'il est infâme qu'il n'y en ait pas un de vous qui bouge, messieurs ! mais au nom du ciel, défendez-moi donc !

LORD CLINTON

Vous, oui, madame; Fabiani, non.

LA REINE

Ah ciel! Eh bien ouil je le dis tout haut, tant pis ! Fabiano est innocent l Fabiano n'a pas commis le crime pour lequel il est condamné. C'est moi, et celui-ci, et le ciseleur Gilbert, qui avons tout fait, tout inventé, tout supposé. Pure comédie ! Osez me démentir, monsieur le bailli 1 Maintenant, messieurs, le défendrez-vous ? Il est innocent, vous dis-je. Sur ma tète, sur ma couronne, sur mon Dieu, sur Tàme de ma mère, il est innocent du crime 1 Cela est aussi vrai qu'il est vrai que vous êtes là, lord Clinton! Défendez-le. Exterminez ceux-ci , comme vous avez exterminé TomWyar, mon brave Clinton, mon vieil ami, mon bon Robert! Je vous jure qu'il est faux que Fabiano ait voulu assassiner la reine.

LORD CLINTON

11 y a une autre reine qu'il a voulu assassiner, c*est l'Angleterre.

(Les cris contiauent dehors.) LA REINE.

Le balcon ! ouvrez le balcon ! Je veux prouver moimême au peuple qu'il n'est pas •coupable!

SIMON RENARD

Prouvez au peuple qu'il n'est pas Italien!

JOURNÉE in, PARTIE I, SCÈNE IX. «4i

UL BEINB.

Qoand je pense que c'est un Simon Renard, une créa* ture du cardinal de Granveile, qui ose me parler ainsi ! Eh bien, ouvrez cette porte! ouyrez le cachot! Fabiano est là; je veax le voir, je veux loi parler.

SIMON AENARD, bas.

Que faites- vous ? Dans son propre intérêt, il est inutile de faire savoir à toat le monde où il est.

LE PEUPLE

Fabiani à mort! Vive Elisabeth I

SlUOir RENARD.

Les voilà qui crient vive Elisabeth, maintenant,

LA REINE

Mon Dieu! mon Dieu 1

SIMON RENARD

Choisissez, madame :

(H désigne d*ime main la porte du cachot.)

— Ou cette tête au peuple.

(Il désigne de l'autre main la oonronne que porte la reicc.)

— Ou cette couronne à madame Élisabeih*

LE PEUPLE

Mort) mort! Fabiani! Elisabeth.

(Une pierre vient casser «ne vitre à tàitè de la reine.)

SIMON RENARD

Votre Majesté se perd sans le sauver. La deuxième ^ur est forcée. Que vent la reine?

UL REINE

Vous êtes tous des lâches, et CUntoo tout le preBiier f Ab I CliaSont je me souviendrai de cda, nx>n ami I

SIMON SZNARD.

Que veut la raneP

Oh! être abandonnée de tous! Avoir tout dit sans rien obtenir 1 Qu'est-ce que c'est donc que' ces gentilshommes-là? Ce peuple est infâme. Je voudrais le broyer sous mes pieds. Il y a donc des cas où une reine ce nVst •qu'une femme I Vous me le payerez tous bien cher, messieurs!

SIMON RENARD

Que veut la reine?

LA REINE, accablée.

Ce que vous voudrez! Faites ce que vous voudrez! Vous êtes un assassin !

(A part.)

— Oh! Fabiano!

SIMON RENARD

Clarence! Jarretière! à moi! —Maître Eneas, ouvrez le grand balcon de la galerie.

(Le balcon du fond 8*oavre. Simon Renard y va, Clarence à sa droite. Jarretière à sa «gauche. Immense rumeur au dehors.)

LE PEUPLE

Fabiani! Fabiani!

SIMON RENARD, aa balcon, toamé vers le' peuple.

Au nom de la reine !

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