‹ Théâtre du Petit-ChâteauChapitre 130 sur 210 · SCÈNE m · texte numérisé non relu

SCÈNE m

Les Mêmes, DON SALLUSTE.

Grand Dieu! — Fuyez, madame!

DON SALLUSTE

Il n'est plus temps.

Madame de Neubourg n'est plus reine d'Espagne

LA reine, avec horrear.

Don Salluste !

DON SALLUSTE, montrant Ray Blas.

A jamais vous êtes la compagne De cet homme.

LA REINE

Grand Dieu ! c'est un piège, en effet I Et don Ccsar....

RU Y BLAS, désespéré.

Madame, hélas! qu^ avez- vous fait?

DON SALLUSTE y s'avançant à pas lents vers la reine .

Je vous tiens. — Mais je vais parler, sans lui déplaire,

A Votre Majesté, car je suis sans colère.

Je vous trouve, — écoutez, ne faisons pas de bruit, —

Seule avec don César, dans sa chambre, à minuit.

Ce fait, — pour une reine, — étant public, — en somme,

Suffit pour annuler le mariage à Rome.

Le saint-père en serait informé promptement;

Mais on supplée au fait par le consentement.

Tout peut rester secret.

(II tire de sa poche on parchemin qu'il déroule et qu^il présente

à la reine.)

Signez-moi cette lettre Au seigneur notre roi. Je la ferai remettre Par le grand écuyer au notaire mayor.

Ensuite, une voiture, oli j'ai mis beaucoup d'or,

(Désignant le dehors.)

Est là. — Partez tous deux sur-le-champ. Je vous aide.

Sans être inquiétés, vous pourrez par Tolède

Et par Alcantara gagner le Portugal.

Allez où vous voudrez, cela nous est égal ;

Nous fermerons les yeux. — Obéissez. Je jure

Que seul en ce moment je connais Taventure;

Mais, si vous refusez, Madrid sait tout demain*

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