‹ Théâtre du Petit-ChâteauChapitre 174 sur 210 · PARTIE II, SCÈNE III · texte numérisé non relu

PARTIE II, SCÈNE III

OTBERT, avec horreur.

C'est du sang !

'Tu le Tois, le sang tache et brûle*

GUANHUMARA

Le sang lave Et désaltère !

* OTBBRT.

Allons, ordonne à ton esclave.

Qni trouverai-je au lieu marqué ?

GUANHUMARA

Tu trouveras Un homme masqué, — seul.

OTBERT.

Après?

GUANHUMARA

Tu le suivras*

OTfiERT.

C'est dit.

(Guanhumara saisit vivement le poignard qu'Otbert porte à sa ceinture, le tire du fourreau et fixe sur la lame un regard terrible, puis ses yeux se relèvent vers le ciel.)

vastes cieux ! 6 profondeurs sacrées !

Morne sérénité des voûtes azurées !

O nuit, dont la tristesse a tant de majesté i Toi qu'en mon long exil je n'ai jamais quitté. Vieil anneau de ma chaîne, 6 compagnon iidèle ! Je vous prends à témoin ; — et vous, murs, citadelle, Chênes qui versez Fombre aux pas du voyageur ; Vous m*entendeZ| — je voue à ce couteau vengeur Fosco, baron des bois, des rochers et des plaines, Sombre comme toi, nuit; vieux comme vous, grands chênes 1

OTBERT.

Qu'est-ce que ce Fosco ?

GUANHUMARÀ.

Celui qui doit mourir

(Elle lui rend le poignard.)

De ta main. A ce soir.

(Elle sort par la galerie du fond sans voir Job et Régina, qui entrent

du Gâté exposé.)

OTBERT, seul.

Ciel!

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