‹ Théâtre du Petit-ChâteauChapitre 194 sur 210 · PARTIE m, SCÈNE IL · texte numérisé non relu

PARTIE m, SCÈNE IL

Tout ce que le soleil éclaire est sous ta loi ;

Tout ce que remplit Tombre, ô burgrave I est à moi.

(Elle marclie lentement à lui.)

Je te tiens, tu ne peux ra'échapper.

JOB

^ Qu'es- tu, femme ?

GUANHUMARA

Je vais te raconter une action infâme.

C'était. . . — voilà longtemps ! beaucoup depuis sont morts;

Ceux qui comptent cent ans avaient trente ans alors. —

(Elle montre un coin du caveau.)

Deux amants étaient là. Regarde cette chambri\ C'était, comme à présent, une nuit de septembre. Un froid rayon de lune, entrant au bouge obscur, Découpait un linceul sur la blancheur du mur....

(Elle se retourne et lui montre le mur éclairé par la Inné.)

Comme là. — Tout à coup, Tépée à la main....

JOB

Grâce !

Assez !

GUANHUMARA

Tu sais l'histoire ? Eh bien, Fosco, la place Où Donato tomba poignardé,

(Elle montre le banc de pierre.)

La voici. — Le bras qui poignarda.

(Elle saisit le bras droit de Job.)

Le voilà.

JOB

Frappe aussi ^ Mais tais-toi !

GUANHUMÀRA.

L'on jeta...

(Elle rentratne rudement vers la fenêtre.)

— viens ! — par cette fenêtre, Sfrondati, récuyer, et Donato, son maître; Et, pour faire passer leurs corps,

(Elle lui montre les trois barreaux rompus.)

L'un des bourreaux Avec sa main d'acier brisa ces trois barreaux.

(Elle lui saisit la main de nouveau.)

Cette main, aujourd'hui roseau, la voilà, comte!

JOB

Grâce !

GUANHUMARA

Quelqu'un aussi demandait grâce, honte !

Une femme tordant ses bras, criant merci !

L'assassin en riant la fit lier....

(Désignant du pied une dalle.)

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