ACTE II, SCÈNE IV
jeux aveugles dn malheur!
Quoi! dans Teau du ruisseau traînée,
Hélas! une si belle fleur!
LA ESMERALDA , Toeil ûxé sar Phœbns dans la foule.
Cest mon Phœbus, j'en étais sûre, Tel qu'en mon cœur il est resté !
Ah ! sous la soie ou sous l'armure, C'est toujours lui, grâce et beauté!
Phœbus, ma tête est embrasée ; Tout me brûle, joie et douleurs.
La terre a besoin de rosée, Et mon &me a besoin de pleurs !
FLEUR-DE-LIS
Qu'elle est belle ! j*en étais sûre. \ ^
Oui, je dois être, en vérité, / ^
Bien jalouse, si je mesure Ma jalousie à sa beauté !
Mais peut-cire, prédestinées, Sous la rude main du malheur, Elle et moi, nous serons fanées Toutes les deux dans notre fleur!
MADAME ALOÏSE
C'est une belle créature I Il est étrange, en vérité.
Qu'une bohémienne impure Ait tant de charme et de beauté I Mais qui connaît la destinée?
Souvent le serpent oiseleur Cache sa tète empoisonnée Sous le buisson le plus en fleur.
Ui
ffi
34 LA ESMERALDA
TOUS, ensemble.
Elle a le calme et la beauté
D a ciel dans les beaux soirs d'été I
MADAME ALOÏSE , à la Esmeralda.
Allons, enfant, allons, la belle.
Venez, et dansez-nous quelque danse nouvelle.
(La Esmeralda se prépare à danser et tire de son sein l'éeharpe
que lui a donnée Phœbus.)
FLEUR-DE-LIS
Mon écharpe I... Phœbos, je suis trompée ici. Et ma rivale, la voici !
(Fleur-de-Lîs arradie l'éeharpe à la Esmeralda, et tombe évanouie. Tout le bal s'ameute en désordre contre l'Égyptienne, qui se réfugie près' de Phœbus.)
TOUS
Est-il vrai? Phœbus l'aime 1 Infâme I sors d'ici.
Ton audace est extrême De nous braver ainsi !
'O comble d'impudence!
Retourne anx carrefours Faire admirer ta danse Aux marchands des faubourgs 1 Que sur Pheure on la chasse I A la porte I il le faut.
Une fille si basse Élever l'œil si haut I
LA ESMERALDA
O défends-moi toi-même, Mon Phœbus, défends-moi I L'humble &lle bohème N* espère ici qu'en toi.