‹ Théâtre du Petit-ChâteauChapitre 59 sur 210 · RUY BLAS, DON SALLUSTE · texte numérisé non relu

RUY BLAS, DON SALLUSTE

RUY BLAS , se retournant vivement.

Monseigneur ?

DON SALLUSTE

Ce matin, Quand vous êtes venu, je ne suis pas certain S^il faisait jour déjà.

il2 RUY BLAS

RUY BLASi

Pas encore, Excellence.

J'ai remis au portier votre passe en silence, Et puis je suis monté.

DON SALLUSTE

Vous étiez en manteau

Oui, Monseigneur.

DON SALLUSTE

Personne, en ce cas, au château, Ne vous a vu porter cette livrée encore ?

Ni personne à Madrid.

DON SALLUSTE, désignant da doigt la porte par où est. sorti

don César.

C'est fort bien. Allez clore Cette porte.... Quittez cet habit.

(Ruy Blas dépouille son surtout de livrée et le jette sur un fauteuil.)

Vous avez Une belle écriture , il me semble. — Écrivez.

(Il fait signe à Ruy Blas de s'asseoir à la table où sont les plumes et les écritoires. Ruy Blas obéit.)

Vous m' allez aujourd'hui servir de secrétaire.

D'abord un billet doux , — ^je ne veux rien vous taire , —

Pour ma reine d'amour, pour dona Praxedis,

Ce démon que je crois venu du paradis.

— Là, je dicte . « Un danger terrible est sur ma tète.

« Ma reine seule peut conjurer la tempête,

« F.n venant me trouver ce soir dans ma maison ;

« Sinon je suis perdu. Ma vie, et ma raison ,

« £t mon cœur, je mets tout à ses pieds, que je baise. »

m rit et s*iuterrompta)

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