RUY BLAS, DON SALLUSTE
RUY BLAS , se retournant vivement.
Monseigneur ?
DON SALLUSTE
Ce matin, Quand vous êtes venu, je ne suis pas certain S^il faisait jour déjà.
il2 RUY BLAS
RUY BLASi
Pas encore, Excellence.
J'ai remis au portier votre passe en silence, Et puis je suis monté.
DON SALLUSTE
Vous étiez en manteau
Oui, Monseigneur.
DON SALLUSTE
Personne, en ce cas, au château, Ne vous a vu porter cette livrée encore ?
Ni personne à Madrid.
DON SALLUSTE, désignant da doigt la porte par où est. sorti
don César.
C'est fort bien. Allez clore Cette porte.... Quittez cet habit.
(Ruy Blas dépouille son surtout de livrée et le jette sur un fauteuil.)
Vous avez Une belle écriture , il me semble. — Écrivez.
(Il fait signe à Ruy Blas de s'asseoir à la table où sont les plumes et les écritoires. Ruy Blas obéit.)
Vous m' allez aujourd'hui servir de secrétaire.
D'abord un billet doux , — ^je ne veux rien vous taire , —
Pour ma reine d'amour, pour dona Praxedis,
Ce démon que je crois venu du paradis.
— Là, je dicte . « Un danger terrible est sur ma tète.
« Ma reine seule peut conjurer la tempête,
« F.n venant me trouver ce soir dans ma maison ;
« Sinon je suis perdu. Ma vie, et ma raison ,
« £t mon cœur, je mets tout à ses pieds, que je baise. »
m rit et s*iuterrompta)