ACTE II
noires, le papier bleu... c'est cela, c'est parfaitement cela, ma nièce... Ah! c'est vrai. Messieurs, vous ne savez pas... notre ouvrier nous a quittés... Il nous fallait quelqu'un de sûr... Cette charmante enfant a bien voulu se dévouer... Elle s'est noirci bravement les doigts à la casse... Je vous présente
notre petit compositeur. (La prenant et rabaissant vers lui.)
Hein ! tu ne t'attendais pas à cet ouvrage-là en sortant du couvent ? Voilà les révolutions, ma chère ! Cela vous donne des talents d'agrément... (u rembrasse.) Tiens ! tu as le joli cou de ta mère... Au fait, Mademoiselle, savez-vous que vous vous compromettez avec d'affreux conspirateurs, et que ça peut vous mener...?
BLANCHE
Je le sais, mon oncle !
LE COMTE
Brave enfant... A-t-il passé à côté de son bonheur, ce grand dadais qui a mieux aimé émigrer que d'épouser une fille comme toi !... Comprend-on ça, messieurs? Mais sois tranquille, celle aux pieds de laquelle nous allons porter notre vie cette nuit te choisira quelqu'un de sa main, de sa main royale, qui vaudra, je t'en réponds, le choix de ta tante et son chevalier de la triste figure... Elle n'est pas rentrée, ma sœur ?
BLANCHE
Non, mon oncle.
LE COMTE
Messieurs, voici les cartes que je vous ai proie.
mises pour vous et vos amis... (Mettant ses pistolets dans
sa poche.) Je vais aux Tuileries... A bientôt, messieurs... Petite, tu rangeras un peu tous ces papiers, je reviendrai vous donner des nouvelles.
(Ils sortent.)