SCÈNE lY
BLANCHE, PERRIN, en uniforme de lieutenant de la garde nationale soldée.
PERRIN, ouvrant violemment la porte.
Je vous dis qu'il faut que j'entre. (Il entre brusquement et laisse la porte ouverte.) Madame...
BLANCHE
Perrin ! vous ! ah ! que vous m'avez fait peur !
PERRIN
Vous êtes seule, Madame?
BLANCHE
Oh ! il me croit mariée !... Voulez-vous bien m'appeler Mademoiselle?...
PERRIN
Ah!
BLANCHE, apercevant son uniTorine.
Tiens! des épaulettes!...
PERRIN
Mademoiselle, vous devez comprendre que si je reviens... après avoir été chassé par votre tante...
BLANCHE
Oh ! ma tante, vous savez... elle ne vous pardonnera jamais d'avoir pris la Bastille...
PERRIN
Mademoiselle, j'ai embrassé le parti de la liberté... je suis son soldat. Mais votre maison a été ma maison. Ceux de votre nom ont été bons et généreux pour moi. Ils m'ont élevé. J'ai grandi chez eux à côté de vous. Mademoiselle. Ces souvenirs-là ne s'oublient pas. Je me souviens, et voilà pourquoi je viens vous dire qu'il faut que vous quittiez cette maison, vous et les vôtres, cette nuit, entendezvous? cette nuit même...